Le 23 juin, un courrier signé à quatre mains a pris la direction de Bruxelles. L’Algérie, le Qatar, le Nigeria et les États Unis ont uni leurs voix dans une lettre ouverte adressée à Ursula von der Leyen, à António Costa et à l’ensemble des dirigeants des États membres de l’Union européenne.
Leur message, le règlement européen sur les émissions de méthane, prévu pour entrer en vigueur en janvier 2027, doit être revu avant qu’il ne soit trop tard.
Le ministère algérien des Hydrocarbures a confirmé l’information ce jeudi. Et le ton du communiqué laisse peu de place au doute sur l’urgence de la demande.
Pourquoi l’Algérie s’associe à cette démarche commune sur le méthane
Le cœur du problème tient à un délai. Le règlement européen, surnommé EUMR, impose aux exportateurs de pétrole et de gaz des obligations strictes de mesure, de notification et de vérification de leurs émissions. Or, pour une grande partie des cargaisons destinées au marché européen, ces exigences resteront tout simplement impossibles à satisfaire dans les temps.
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Le ministère met en garde contre les conséquences d’un tel décalage. Des perturbations dans les approvisionnements et une flambée des prix de l’énergie que rien ne justifierait. Alors même que l’Europe cherche à sécuriser ses sources d’approvisionnement plutôt qu’à les fragiliser.
Trois revendications précises pour amender le règlement européen
Les quatre pays ne se contentent pas de pointer le problème, ils proposent des solutions. D’abord, l’activation du mécanisme «Stop the Clock». Qui suspendrait temporairement les délais pour laisser le temps de mettre au point des méthodologies de conformité acceptables par tous.
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Ensuite, la protection des contrats déjà en cours de négociation pendant cette phase d’ajustement, le fameux «Grandfathering», justifiée par leur durée et leur poids financier considérable. Enfin, la suspension des sanctions qui pourraient frapper les entreprises pendant cette période transitoire.
Le ministère rappelle au passage que Sonatrach et ses partenaires n’ont pas attendu cette lettre pour agir. Des investissements importants ont déjà été engagés pour réduire les émissions de méthane, des efforts que le groupe entend poursuivre.
Arkab plaide pour un compromis entre écologie et sécurité énergétique
Le ministre Mohamed Arkab a personnellement défendu cette initiative. Qu’il présente comme la continuité naturelle du partenariat énergétique entre Alger et l’Europe. Il a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre, sans opposer protection du climat et fiabilité des livraisons d’énergie.
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La balle est désormais dans le camp des institutions européennes. Qui devront se positionner face à une coalition de producteurs représentant une part substantielle des approvisionnements gaziers et pétroliers du continent.
