Pour la troisième année consécutive, Alger s’impose comme le principal fournisseur de gaz naturel de l’Espagne en 2025, devant les États-Unis, pourtant en forte progression.
Les données publiées par Europa Press, sur la base des chiffres officiels, dressent le portrait d’un leadership qui s’appuie autant sur les volumes que sur la solidité des infrastructures.
Marché du gaz espagnol : l’Algérie en tête avec près de 40 % des importations
Selon les chiffres communiqués par Europa Press, l’Algérie a assuré 38,5 % des approvisionnements en gaz naturel de l’Espagne en 2025, confirmant sa position de premier fournisseur pour la troisième année consécutive.
Sur l’ensemble de l’exercice, les livraisons algériennes ont atteint 128 504 gigawatt-heures (GWh). Ce volume place l’Algérie largement en tête des fournisseurs, devant les États-Unis, dans un marché pourtant marqué par une diversification accrue des sources d’importation.
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Cette performance consolide un rôle que l’Algérie n’avait cédé qu’en 2022, au plus fort de la crise énergétique déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Medgaz et GNL : les piliers du dispositif algérien
L’essentiel des exportations algériennes vers l’Espagne continue de transiter par le gazoduc Medgaz. En 2025, 107 179 GWh ont été acheminés par cette infrastructure reliant directement les deux rives de la Méditerranée.
À ces volumes s’ajoutent 21 325 GWh de gaz naturel liquéfié (GNL). Un chiffre en léger recul, de 2 % par rapport à 2024, mais qui participe à la flexibilité de l’offre algérienne sur le marché espagnol.
Cette double capacité, pipeline et GNL, permet à l’Algérie de répondre aux besoins espagnols avec une régularité appréciée dans un contexte de forte volatilité des marchés énergétiques.
Les États-Unis en forte progression, sans détrôner l’Algérie
Derrière l’Algérie, les États-Unis enregistrent une avancée notable. Les importations de gaz naturel américain vers l’Espagne ont bondi de 98 % en 2025, atteignant 111 660 GWh, soit 30 % du total des importations espagnoles.
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Ce niveau rapproche les volumes américains de leur record de 128 749 GWh enregistré en 2022, en pleine crise énergétique européenne. Malgré cette poussée, Washington reste derrière Alger, qui conserve une avance confortable en tête du classement.
Chute marquée des livraisons russes vers l’Espagne
À l’inverse, les flux en provenance de Russie poursuivent leur repli. En 2025, les importations espagnoles de gaz russe ont chuté de 41 % par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 42 629 GWh, soit 11,4 % des importations totales.
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Si le gaz naturel ne fait pas encore partie des sanctions européennes visant Moscou, la majorité des volumes livrés à l’Espagne provient de contrats à long terme, notamment avec Yamal LNG, un consortium dominé par l’entreprise russe Novatek, mais intégrant également des capitaux européens.
Exportations et stocks : des indicateurs contrastés en Espagne
Sur le plan intérieur, les données publiées indiquent une hausse des exportations espagnoles de gaz. Au 31 décembre 2025, celles-ci ont progressé de 17,4 %, atteignant 40,5 TWh. Dans le même temps, le total des sorties, incluant la demande nationale et les exportations, a augmenté de 7,4 %, pour s’établir à 372 TWh.
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En revanche, le niveau des stockages souterrains affiche un recul. À la fin de l’année, ils se situaient à 68 % de remplissage, contre 83 % à la même période de l’année précédente, illustrant une gestion plus tendue des réserves.
