L’Algérie figure parmi les dix pays africains où la richesse privée se concentre le plus, avec 2.700 millionnaires recensés en 2025, selon le dernier « Africa Wealth Report » du cabinet Henley & Partners.
Cependant, derrière ce chiffre se cache une tendance moins flatteuse. Le nombre de personnes fortunées a diminué de 23 % en dix ans, un recul attribué à la dépendance aux hydrocarbures et à un contexte économique volatil.
Millionnaires, centi-millionnaires et un milliardaire : l’état des lieux de la richesse en Algérie
Le rapport indique que l’Algérie abrite environ dix centi-millionnaires (des fortunes estimées à plus de 100 millions de dollars) et un milliardaire, Issad Rebrab, fondateur du groupe Cevital.
Cette photographie de la richesse nationale illustre une concentration limitée du très haut patrimoine. Mais confirme que l’Algérie reste dans le club restreint des pays africains où l’on recense des fortunes de plusieurs centaines de millions de dollars.
À titre de comparaison, la dynamique observée est bien différente dans certains pays voisins ou concurrents. Alors que l’Algérie enregistre une baisse de 23 % du nombre de ses millionnaires, le Maroc en a vu croître la population de 40 % depuis 2015, et l’Île Maurice a enregistré une progression spectaculaire de 63 %.
Africa Wealth Report 2025 – Algérie : un recul partagé avec d’autres producteurs d’hydrocarbures
La trajectoire algérienne n’est pas isolée. Le rapport souligne que d’autres pays dépendants des revenus pétroliers et gaziers connaissent une contraction similaire. Le Nigeria perd près de la moitié de ses millionnaires (-47 %) et l’Angola plus d’un tiers (-36 %).
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En outre, cette tendance contraste avec celle d’économies plus diversifiées, comme le Rwanda (+48 %), qui misent sur les services, la finance ou le tourisme pour générer de nouvelles richesses.
Le classement africain : l’Algérie loin derrière l’Afrique du Sud et l’Égypte
À l’échelle continentale, l’Afrique totalise 122.500 millionnaires en 2025, contre 135.200 dix ans plus tôt. L’Afrique du Sud domine le classement avec 41.100 millionnaires, soit plus d’un tiers du total continental. Elle est suivie de l’Égypte (14.800), du Maroc (7.500), du Nigeria (7.200) et du Kenya (6.800). Ces cinq pays concentrent 63 % des millionnaires africains et 88 % de ses milliardaires.
L’Algérie se situe dans la deuxième partie du tableau, derrière l’Île Maurice mais devant le Ghana. Cette position illustre son potentiel, mais aussi les défis à relever pour préserver et développer les grandes fortunes dans un contexte économique en mutation.
Les villes africaines où la richesse se concentre
Par ailleurs, au niveau urbain, Johannesburg s’impose comme la capitale africaine des millionnaires avec 11.700 résidents fortunés, devant Le Cap (8.500) et ses 35 centi-millionnaires. Le Caire (6.800) et Nairobi (4.200) complètent le top 4.
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Aucune ville algérienne ne figure dans ce classement. Signe que la richesse en Algérie reste plus diffuse et moins concentrée géographiquement que dans d’autres pays africains.
Perspectives : une croissance attendue malgré le repli actuel
Selon Henley & Partners, la tendance générale en Afrique devrait s’inverser au cours des prochaines années. Le cabinet prévoit une augmentation de 65 % du nombre de millionnaires d’ici 2035. Portée par la croissance démographique, les investissements dans les infrastructures et la montée en puissance de nouveaux secteurs économiques.
Enfin, pour l’Algérie, la question reste ouverte, saura-t-elle accompagner cette dynamique et diversifier son économie au-delà des hydrocarbures pour éviter que le recul observé depuis dix ans ne se prolonge ?