Les déclarations de l’acteur égyptien et président du Festival international du cinéma du Caire, Hussein Fahmi, ont suscité une vive controverse dans le monde culturel arabe. Ce dernier a estimé que la Palme d’Or remportée par le réalisateur algérien Lakhdar Hamina au Festival de Cannes aurait été attribuée pour des raisons politiques.
« Le président français Jacques Chirac visitait l’Algérie en même temps que le festival, alors ils lui ont offert la Palme d’Or », a-t-il affirmé, laissant entendre que des considérations diplomatiques auraient influencé la décision du jury.
Ces propos ont rapidement déclenché un large débat, certains internautes et professionnels du cinéma considérant que ces propos remettaient en cause le mérite artistique de Hamina, premier cinéaste arabe à recevoir la plus prestigieuse récompense du Festival de Cannes.
Controverse autour des déclarations d’Hussein Fahmi sur la Palme d’Or
Les déclarations de Hussein Fahmi ont jeté une lumière crue sur les potentielles influences politiques au sein des festivals de cinéma internationaux. L’accusation, bien que non étayée, a ravivé des débats anciens concernant l’objectivité des jurys et les pressions diplomatiques qui pourraient peser sur leurs décisions.
La polémique s’est amplifiée sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une atteinte à la reconnaissance du talent algérien. D’autres, en revanche, ont estimé que les propos de Fahmi méritaient d’être pris en considération, soulignant la complexité des relations franco-algériennes à l’époque des faits.
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Les clarifications d’Hussein Fahmi face à la polémique
Face aux réactions, Hussein Fahmi a publié un communiqué dans lequel il a exprimé son respect et son estime pour l’Algérie et son cinéma.
« J’ai un profond respect et un amour sincère pour l’Algérie, son peuple, son histoire et son art. Les réalisations et succès mondiaux du cinéma algérien représentent une fierté pour tout citoyen arabe », a-t-il déclaré.
Il a précisé que ses propos s’inscrivaient dans une réflexion théorique sur les coulisses des festivals internationaux et les possibles influences politiques dans certaines décisions de jurys. Selon lui, les exemples évoqués étaient spontanés et ne visaient en aucun cas à diminuer la valeur d’une œuvre majeure du cinéma arabe.
La tentative d’apaisement de Fahmi a été accueillie avec des sentiments partagés. Si certains ont salué sa démarche de clarification, d’autres ont maintenu leurs critiques, estimant que ses excuses manquaient de sincérité et ne suffisaient pas à effacer l’impact de ses premières déclarations. Le débat sur l’intégrité des festivals de cinéma et l’influence politique a ainsi perduré.
Alors que la controverse continuait de faire rage, de nombreux acteurs du monde du cinéma ont pris la parole pour défendre l’œuvre de Lakhdar Hamina et son importance dans l’histoire du cinéma algérien. Des hommages ont été rendus à son talent et à son engagement, soulignant l’universalité de ses thèmes et la force de sa vision artistique.
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Lakhdar Hamina: Un pilier du cinéma algérien et africain
Lakhdar Hamina demeure l’une des figures les plus marquantes du cinéma arabe et africain. Il a concouru à quatre reprises au Festival de Cannes et y a remporté deux distinctions majeures : le prix du meilleur premier film pour Rih El Ouras et la Palme d’Or pour Chronique des années de braise, œuvre emblématique retraçant la lutte du peuple algérien.
Né le 26 février 1934 à M’sila, il manifeste très tôt une passion pour l’image. Après des études en Algérie puis en France, il rejoint la résistance algérienne en 1958. Formé à l’école supérieure de cinéma de Prague, il réalise ses premiers documentaires consacrés à la révolution algérienne, posant les bases d’un cinéma engagé et profondément ancré dans l’histoire nationale.
Marqué personnellement par la guerre de libération, notamment par la disparition tragique de son père, Hamina a construit une œuvre cinématographique à la fois politique, humaniste et universelle.
Décédé le 23 mai 2025 à l’âge de 91 ans, il laisse derrière lui un héritage artistique majeur. Son nom reste associé à l’âge d’or du cinéma algérien et à la reconnaissance internationale du septième art arabe.
La polémique actuelle rappelle, au-delà des controverses, l’importance symbolique de sa Palme d’Or, considérée par beaucoup comme un moment historique pour le cinéma algérien et africain.
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