Une étape cruciale vient d’être franchie pour la filière laitière nationale. Le groupe public Giplait a officialisé, ce mardi en Biélorussie, un accord stratégique avec le géant Bellakt pour lancer la production de lait pour nourrissons sur le sol algérien.
C’est au cœur de la Biélorussie que l’accord a été scellé, lors d’une visite de travail menée par la Directrice Générale du groupe Giplait, Samah Lahlouh. La cérémonie de signature s’est déroulée en présence de cadres dirigeants des deux entités, ainsi que de représentantes de l’État biélorusse, notamment Ekaterina Valerievna Fomenok pour le ministère de l’Agriculture et Tatiana Olegovna Gorkavik, Directrice Générale-adjointe de Bellakt.
Ce projet ne sort pas de nulle part. Il est l’aboutissement direct des échanges amorcés en décembre dernier lors du Forum d’affaires algéro-biélorusse. À cette occasion, une délégation de Minsk s’était rendue à la laiterie de Rouiba pour évaluer les capacités de production locales.
Giplait et Bellakt : Une alliance stratégique pour assurer la disponibilité du lait infantile en Algérie
L’essence même de cet accord repose sur une localisation rigoureuse, prévoyant une fabrication et une production intégrale sur le territoire national, marquant ainsi une rupture avec la dépendance extérieure.
Ce projet d’envergure s’appuie sur un transfert de savoir-faire technologique, rendu possible par une collaboration directe et étroite avec le groupe Bellakt, dont l’expertise est mondialement reconnue dans le segment de l’alimentation infantile.
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L’objectif central de cette synergie est double : d’une part, assainir les équilibres financiers de l’État en parvenant à réduire la facture d’importation de manière drastique, et d’autre part, garantir la disponibilité permanente et sécurisée d’un produit essentiel et vital pour le quotidien des ménages algériens.« Cet accord consacre la dynamique positive mutuelle entre les deux pays », souligne le communiqué du groupe Giplait.
Le choix de la filiale de Rouiba comme site pivot lors des premières discussions montre la volonté du groupe public de s’appuyer sur des infrastructures solides pour accueillir cette nouvelle ligne de production complexe.
En produisant localement le lait infantile, l’Algérie franchit un nouveau palier dans sa stratégie de sécurité alimentaire, en s’attaquant à un segment de marché jusqu’ici largement dépendant de l’étranger.
Lait infantile en Algérie : Enjeux d’une production locale face au coût des importations
Cette transition vers la production locale s’inscrit dans un contexte de rationalisation des dépenses publiques. Selon des données de la presse argentine, l’Algérie figurait en 2025 comme le deuxième importateur mondial de lait en poudre en provenance d’Argentine, avec des achats s’élevant à 321 millions de dollars pour un volume de 80 000 tonnes.
Cette dépendance aux marchés extérieurs représente une sortie de devises importante, que les autorités cherchent désormais à réduire. Outre le partenariat avec Bellakt, l’Algérie mise sur le projet intégré « Baladna » à Adrar — un investissement de 3,5 milliards de dollars en partenariat avec le Qatar — pour couvrir à terme 50 % des besoins nationaux.
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Ces initiatives structurantes visent à substituer durablement la production nationale aux importations massives afin de stabiliser la sécurité alimentaire du pays.
