Selon les chiffres présentés par les services de la Police judiciaire, quelque 4 600 enfants ont eu recours à la police pour dénoncer des actes de violence de différentes formes du 1er janvier au 31 octobre 2010.
Les chiffres rendus publics par la commissaire principale, Mme Kheira Messaoudène, chargée du Bureau national de la protection de l’enfance et de la délinquance juvénile à la direction de la Police judiciaire font état de plus de 4 600 enfants et adolescents victimes de différentes formes de violence enregistrées au cours des dix mois de l’année en cours.
Parmi ces victimes, Mme Kheira Messaoudène soulignera 2 698 victimes de violences physiques, 1 359 enfants ont été victimes de violences sexuelles dont 781 filles, et 374 autres victimes de maltraitance. Par ailleurs, les services de la Police judiciaire ont enregistré sur le nombre global de victimes de violences, 1 359 cas de violences sexuelles dont 781 filles ainsi que 374 victimes de maltraitance. Tandis que 17 enfants et adolescents ont été victimes d’homicides volontaires et 157 autres victimes de détournement.
Dans ces précisions relatives à l’âge des victimes, la chargée du Bureau national de la protection de l’enfance et de la délinquance juvénile à la direction de la Police judiciaire notera que 612 enfants et adolescents ont été victimes de violences, 1 620 sont âgés entre 16 et 18 ans et 1 502 autres sont âgés entre 13 et 16 ans tandis que 848 enfants victimes ont moins de dix ans.
S’exprimant sur le phénomène de la violence à l’égard de l’enfant, Mme Messaoudène indiquera que ces chiffres déclarés auprès des services de la Police judiciaire ne disent pas trop sur la violence à l’égard des enfants en Algérie.
Du moment qu’ils ne représentent que les cas de violences déclarés alors que beaucoup d’autres victimes souffrent silencieusement sans avoir recours à la police ou à d’autres instances chargées de la protection et de la défense des droits de l’enfant. Le rôle de la société, ajoute la même source civile pourrait contribuer efficacement si les actes de violences sont annoncés systématiquement par les citoyens pour dénoncer la maltraitance et le non-respect des doits de l’enfant.
Néanmoins, le retard qu’accuse l’Algérie en matière de mécanismes de signalement de cas de violence ainsi que ceux d’accompagnement et de gestion des situations difficiles et d’urgence restent les vraies lacunes qui opposent la conscience des enfants de leur droit ainsi qu’une véritable visibilité sur la situation des droits de l’enfant. L’enfant algérien ne jouit d’aucun moyen de communication qui lui facilite l’acte de violence.
Les autorités publiques n’ont pas mis à la disposition des enfants victimes de la violence un numéro vert qui leur facilitera la dénonciation de leurs agresseurs ou de leurs malmenants. L’Algérie compte en revanche un seul réseau pour la défense des droits de l’enfant (Nada) et qui met à la disposition des enfants un numéro vert «30- 33» pour signaler les actes de violences dans le cadre de la stratégie de signalement.
«Je t’écoute». Depuis sa mise en place en 2008 à travers quelques wilayas, la ligne verte avait reçu en une année (de 2008 à 2009) quelque 7 000 appels téléphoniques qui dénoncent des actes de violences à l’égard des enfants. Le réseau ne peut traiter et trouver des solutions qu’à quelques dizaines de cas.
La législation nationale, en revanche, bien qu’elle n’ait pas des dissimilitudes par rapport aux principes de la Convention internationale des droits de l’enfant, ce dernier reste orphelin d’une politique d’accompagnement et de mécanismes de sensibilisation et de signalement qui prennent en charge réellement la protection et la défense des droits de l’enfant.
Par Yasmine Ayadi