La tiktokeuse controversée « Firdawssa » arrêtée et placée en détention

La tiktokeuse controversée « Firdawssa » arrêtée et placée en détention
Tribunal Dar El-Beïda

Le tribunal de Dar El Beïda a ordonné ce dimanche le placement en détention provisoire de la prévenue identifiée par les initiales « S. Rym », connue sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme « Ferdawssa ». Son procès a été reporté au 12 mai prochain. La juridiction a rejeté les demandes de la défense visant à placer l’accusée sous contrôle judiciaire, bien qu’elle soit mère de famille et dispose d’une résidence fixe.

Selon le média « Ennahar », « Ferdawssa » est poursuivie pour de graves chefs d’accusation, notamment diffusion de discours de haine, incitation à la débauche et atteinte aux bonnes mœurs, ainsi qu’outrage à un corps constitué, en l’occurrence les services de sécurité nationale, à travers la publication de contenus incitatifs sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok.

Les poursuites font suite à la diffusion par l’accusée de contenus jugés indécents et contraires aux valeurs morales, accompagnés de propos offensants à l’égard des services de sécurité, via des publications sur Facebook et TikTok. Ces contenus, considérés comme attentatoires aux bonnes mœurs et incitant à la dépravation, ont suscité une vive indignation parmi les internautes, en particulier ses abonnés, qui ont appelé à des sanctions judiciaires exemplaires.

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Une vidéo indéscente met « Ferdawssa » derrière les barreaux

Selon la même source, la mise en cause, âgée de 48 ans, réside dans le quartier de Mouhous, dans la commune de Bordj El Kiffan, à l’est de la capitale. Elle serait dépourvue de documents d’identité, selon les registres de l’état civil.

L’affaire a été déclenchée après la surveillance des réseaux sociaux par les cellules de veille relevant de la brigade de lutte contre la cybercriminalité. Une vidéo de 55 secondes, publiée sur TikTok via un compte intitulé « ferdawsa.of1 », a été repérée. On y voit la prévenue vêtue d’un jilbab noir, tenant des propos jugés indécents sur les vêtements portés sous cette tenue, alors qu’elle se trouvait sur la voie publique.

La diffusion de cette séquence, largement relayée sur TikTok et Facebook, a provoqué une vague de réactions dénonçant un contenu jugé offensant et portant atteinte à la symbolique du jilbab, ainsi qu’aux valeurs religieuses et sociales.

Suite à cela, les éléments de la brigade ont engagé des investigations techniques ayant permis d’identifier la titulaire du compte comme étant « S. Rym ». Les enquêteurs ont également constaté que l’accusée avait répondu à ses détracteurs lors de diffusions en direct, en tenant des propos obscènes et en adoptant des gestes jugés contraires à la morale. Dans certaines de ses interventions, elle a également proféré des propos offensants envers les services de police, notamment à l’égard de la brigade de lutte contre la cybercriminalité, accompagnés de gestes déplacés.

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La version de la prévenue

Par ailleurs, l’enquête révèle que la mise en cause s’est présentée, le 20 avril 2026 vers 18h, au poste de police pour s’enquérir du sort de son neveu interpellé. Elle y a été arrêtée après avoir été identifiée comme faisant l’objet de recherches dans cette affaire. Un téléphone portable a été saisi en sa possession.

Lors de son audition, la prévenue a reconnu être titulaire du compte TikTok « Ferdawssa ». Elle a toutefois nié toute intention d’offenser les services de sécurité, affirmant que ses propos ont été mal interprétés et s’expliquaient par des circonstances personnelles, évoquant notamment la chaleur du jour des faits.

La prévenue a également admis avoir tenu des propos déplacés à l’encontre de certains internautes, en réaction aux attaques dont elle faisait l’objet dans les commentaires. Selon elle, certains utilisateurs ont amplifié la polémique en relayant ses contenus, notamment via des captures d’écran publiées sur Facebook.

Enfin, l’accusée a assuré ne pas avoir voulu porter atteinte aux valeurs de la société algérienne ni aux institutions de l’État, précisant qu’elle utilisait les réseaux sociaux dans l’espoir d’obtenir une aide financière. Divorcée et mère de quatre enfants, elle affirme subvenir seule à leurs besoins. L’affaire reste à suivre, dans l’attente des développements que pourrait apporter l’audience prévue la semaine prochaine.

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