La tension monte entre l’Allemagne et le Maroc

La tension monte entre l’Allemagne et le Maroc

Une suspension Sine Die de l’octroi des visas Schengen a été annoncé hier mercredi par l’ambassade d’Allemagne au Maroc. Cette décision vient dans le sillage des profondes tensions entre les deux pays. Les services consulaires allemands au Maroc, ont toutefois évoqué la crise sanitaire, comme unique raison à cette suspension.

C’est dans un communiqué publié sur son site web, que l’ambassade allemande avait annoncé que les visas Schengen ne seront plus délivrés aux citoyens Marocains, à l’exception de certaines catégories, et ce jusqu’à nouvel ordre.

L’ambassade d’Allemagne au Maroc avait précisé dans son communiqué,“qu’en raison de la situation pandémique au Maroc, nous vous informons de la suspension de la réception des demandes de visas Schengen”.

Cependant, et selon plusieurs médias Marocains, cette décision est loin d’être liée à la crise sanitaire du coronavirus, mais elle est plutôt relative à “des malentendus profonds” qui détériorent la relation entre les deux pays. Cette décision s’apparenterait donc à une “réponse diplomatique allemande directe” à la décision du Royaume du Maroc de “suspendre tout contact” avec l’ambassade d’Allemagne à Rabat.

En effet, comparé à l’Allemagne, la situation sanitaire liée à la pandémie du coronavirus est pour le moins maitrisée au Maroc. Le royaume Chérifien a enregistré 594 nouveaux cas hier mercredi, tandis que l’Allemagne en a recensé plus de 9000, pendant la même journée.

Des “profonds malentendus” 

Les autorités Marocaines ont décidé de suspendre en début de cette semaine en cours «tout contact, interaction, ou action de coopération» avec les autorités et les fondations politiques allemandes, en raison de ce qui est qualifié, par le Maroc, de “malentendus profonds” avec Berlin.

En effet, les deux pays ne s’entendent pas sur plusieurs dossiers, notamment sur la question du Sahara occidentale. Ce territoire injustement occupé par le Maroc, avait suscité plusieurs tensions diplomatiques entre Rabat et Berlin. L’Allemagne, en tant qu’acteur majeur de l’UE, avait préconisé une solution pacifique à travers le respect des règles et la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité.

L’ambassadeur allemand à l’ONU, Christophe Heusgen, avait également mis en garde contre la décision prise par les USA, sous l’administration de l’ex-président Donald Trump, qui reconnaissait la prétendue souveraineté du Royaume Marocain sur les territoires occupés du Sahara Occidental, en contrepartie de la normalisation des relations du royaume Chérifien avec Israël.

Un “cumul de faux pas diplomatiques”

Outre la question du Sahara Occidental, l’Allemagne et le Maroc ont enregistré un véritable «cumul de faux pas diplomatiques», comme cela est rapporté par la presse marocaine. Ces faux pas ont apparemment conduit à une rupture qui était apparemment prévisible.

En effet, en janvier 2020, un sommet international sur la question Libyenne a été tenu a Berlin. Le Maroc n’a pas été invité. Simple omission ou véritable volonté politique, cette non-participation a ouvert le bal des “malentendus“. Le ministre Marocain des Affaires Étrangères avait exprimé son “profond étonnement”, et avait déclaré que l’Allemagne essayait de transformer la crise en Libye en un “instrument de promotion de ses intérêts nationaux”.

En 2015, l’ex-directrice de la fondation Allemande Friedrich Nauman, été contrainte de quitté le royaume Chérifien. Ce départ précipité avait dévoilé que plusieurs associations allemandes sont accusées “d’entrisme et d’ingérence”, dans les affaires propres au pays.

Enfin, et toujours parmi les “faux pas diplomatiques” entre le Maroc et l’Allemagne, on ne peut que citer l’affaire du germano-marocain Mohamed Hajib.

Ce dernier a été arrêté en Allemagne, et il a été ensuite renvoyé au Maroc, ou il avait écopé de 10 ans de prison pour terrorisme. Selon Amnesty International, Mohamed Hadjib avait subi plusieurs épisodes de torture au Maroc, avant sa libération et son retour en Allemagne.

Après son retour en Allemagne, Mohamed Hadjib, réclame à cette dernière une indemnisation de 1.5 million d’Euros, pour l’avoir poussé dans les prisons marocaines.