La spéculation continue, De l’eau fraîche et … «brûlante»

La spéculation continue, De l’eau fraîche et … «brûlante»
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Depuis maintenant deux semaines les bouteilles d’eau minérale ont fait sortir un nouveau jeu : celui de l’indisponibilité et de la cherté et c’est à la soif de faire le choix !

Naturellement, les feux de forêt et la canicule qui ont enregistré des records sans précédent ont augmenté la demande sur les boissons rafraîchissantes, entre boissons gazeuses, jus et surtout eau minérale. Naturellement, aussi, les commerçants ont l’habitude d’investir dans ce genre d’«aubaine» avec la théorie de la spéculation. Depuis maintenant deux semaines les bouteilles d’eau minérale ont fait sortir un nouveau jeu : celui de l’indisponibilité et de la cherté et c’est à la soif de faire le choix ! Alors qu’à l’étranger, en Europe, les médias ont montré, à travers des reportages réalisés à l’occasion des dernières fortes chaleurs, plusieurs actions de bénévolat des associations entre campagnes de sensibilisation et distribution gratuite de bouteilles d’eau minérale fraîche pour les personnes âgées, les Algériens, eux, continuent de vivre les intempéries et les canicules à leur propre façon. Si durant les intempéries du mois de février dernier ainsi que le froid glacial ont eu l’effet de faire flamber de plus de 200 % les prix des bouteilles de gaz butane, c’est donc le tour des bouteilles d’eau minérale de subir la même loi. Au niveau de la capitale comme dans d’autres villes, les prix de l’eau minérale ont connu une augmentation allant de 70 à 100% tandis que certaines marques ont carrément disparu. S’agit-il d’une véritable «pénurie» ou d’une hausse appliquée par les producteurs eux-mêmes? Dans une réponse aux rumeurs qui parlent d’une «hausse effective» des prix, l’Association algérienne des producteurs de boissons (AAPB) a rejeté cette hypothèse rassurant qu’«aucune hausse de prix n’a été appliquée dans les usines ni durant ni après le mois de ramadhan pour que l’augmentation soit répercutée sur le détail…». Hariz Zakaria, le président de l’Association de protection du consommateur, estime qu’il s’agit bien d’une hausse «injustifiée». Selon M. Hariz, l’occasion se présente aussi pour revenir sur la qualité des eaux qui laisse à désirer. Les questions de la qualité comme celle de la spéculation concernent en premier le département du Commerce, lequel doit prendre les mesures adéquates et efficaces pour le contrôle des prix et de la qualité. Il est à noter dans ce contexte, la décret exécutif relatif à l’exploitation des eaux minérales naturelles et eaux de source, de 2004, qui souligne que «l’eau minérale naturelle est une eau microbiologiquement saine provenant d’une nappe ou d’un gisement souterrain, exploitée à partir d’une ou plusieurs émergences naturelles ou forées, à proximité desquelles elle est conditionnée». Néanmoins, à goûter l’eau de certaines marques, on se rendra compte que même l’eau du robinet peut être emballée pour se présenter comme une eau minérale ou de source. A rappeler enfin que l’eau minérale affiche toujours ses nouveaux tarifs à travers les différents points de vente. Alors qu’elle indisponible dans certains magasins, d’autres vendent les petites bouteilles (1/2 litre) de 30 à 40 DA tandis que la bouteille de 1.5 litre, est cédée à 40 DA et plus. Il s’agit là d’une augmentation de 100 % sur le prix de cette source de vie et ce n’est, vraisemblablement, pas une bouteille qui mettra «de l’eau dans le gaz» auprès des ministères des Ressources en eau et du Commerce.

Par Yasmine Ayadi