La ruée vers les plages commence déjà à Alger : 100 bus en renfort pour desservir tout le littoral

La ruée vers les plages commence déjà à Alger : 100 bus en renfort pour desservir tout le littoral
Plages d’Alger

Bien que les autorités nationales tentent aujourd’hui de diversifier l’offre touristique en mettant l’accent sur la richesse des circuits sahariens, thermaux ou écologiques — comme l’a rappelé le ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud, depuis Tizi Ouzou lors du coup d’envoi de la saison estivale—, le littoral garde une place à part dans le cœur des Algériens.

Pour la grande majorité, l’été rime d’abord avec Méditerranée. C’est pour répondre à l’afflux des estivants vers le littoral que la wilaya d’Alger passe à l’offensive en déployant une logistique sur mesure : une flotte de 100 bus spécialement affrétés pour relier les quatre coins de la capitale aux stations balnéaires.

À raison de dix véhicules par axe, la direction des transports est déjà sur le pont pour valider les licences des opérateurs prêts à s’engager dans cette campagne estivale 2026.

Au total, ce sont 45 plages et complexes touristiques qui s’apprêtent à voir débarquer ces lignes régulières. Des infrastructures phares de l’Ouest comme le Sheraton, Moretti ou le centre de thalassothérapie de Staouéli, jusqu’aux rivages très prisés de l’Est comme Bordj El Bahri, Aïn Taya ou Réghaïa, aucun secteur n’a été oublié.

De Zéralda à Aïn Taya : le détail des 45 sites desservis

Pour les Algérois qui lorgnent sur le côté Ouest, les navettes au départ de Zéralda feront la liaison avec les plages Kheloufi 01 et 02, les Sables d’Or ou encore le centre de repos familial. Plus haut, vers Staouéli, les bus déposeront les vacanciers du côté de la Plage Bleue, des Palmiers, des rives Est et Ouest de Sidi Fredj, de Moretti ou du Sahel.

Les habitants de Chéraga et d’Aïn Benian auront eux aussi leurs lignes directes vers les spots incontournables : Le Dauphin, Club des Pins, El Bahdja et El Djamila.

À l’Est, la logistique s’organise pour permettre aux résidents de Bab Ezzouar, du Gué de Constantine, de Bourouba, Baraki, Kouba ou des Eucalyptus de rallier facilement le sable fin de Bordj El Kifane, Bordj El Bahri, El Marsa et Aïn Taya. Sur leur chemin : La Sirène 01 et 02, Stamboul, le Bateau Cassé, Coco Plage ou encore El Kadous.

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La grande nouveauté de ces dernières années se confirme : le désenclavement des communes de la périphérie. Des localités comme Douéra, Draria, Khraicia, Birtouta ou Bouzaréah, historiquement coupées d’un accès direct à la mer, se voient connectées aux plages de l’Ouest par des lignes spéciales menant droit vers les stations de Zéralda et Staouéli.

Dossier de candidature : les conditions à remplir pour les transporteurs

Sur le terrain, pas question de laisser place à l’improvisation. Pour décrocher le feu vert et intégrer le dispositif, les transporteurs privés doivent montrer patte blanche. La direction des transports exige un dossier carré : une demande manuscrite où l’exploitant cible un maximum de trois plages, accompagnée des justificatifs classiques du véhicule (carte grise et contrôle technique à jour).

La sécurité étant la priorité absolue, une inspection physique de chaque bus est programmée par les agents de la wilaya, et chaque chauffeur doit fournir son certificat de capacité professionnelle.

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Ce filtrage rigoureux reste le meilleur moyen d’éviter les mauvaises surprises sur la route et de garantir un voyage serein aux familles durant les grandes vacances.

Une reprise en main face au transport informel

Ce plan algérois fait écho aux grandes orientations nationales verrouillées en amont par le ministère de l’Intérieur avec les walis des 14 wilayas côtières. À la clé : casser le monopole des transporteurs clandestins qui profitent de l’isolement de certains quartiers, tout en garantissant aux familles un accès à la mer sans se faire plumer.

À Alger, cette offensive s’appuie sur le renforcement global du parc urbain amorcé au printemps dernier avec l’arrivée de 420 nouveaux bus sur les lignes périphériques.

De plus, avec la nouvelle réglementation qui sanctuarise 70 % de l’espace balnéaire en accès libre et gratuit (les 30 % restants pouvant être concédés), la mise en place de transports publics accessibles devient un argument clé pour démocratiser les vacances.

Alors que les températures grimpent et que la saison s’ouvre officiellement cette semaine, les premiers bus s’apprêtent à prendre la route. Une bouffée d’oxygène attendue par les familles pour enfin profiter de la mer, sans le stress des embouteillages ni les tarifs prohibitifs des clandestins.