La prise en charge de la corruption aura un impact sur la stabilité de l’Afrique

La prise en charge de la corruption aura un impact sur la stabilité de l’Afrique

NOUAKCHOTT – La prise en charge « effective » des problèmes liés au fléau de la corruption en Afrique aura un impact sur la stabilité du continent et, par conséquent sur son développement socioéconomique, a indiqué vendredi à Nouakchott, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, Smail Chergui.

« Si cette question est prise en charge de manière effective, on peut imaginer l’impact que cela aura sur la stabilité de l’Afrique, son  développement et par conséquent sur la paix et la sécurité », a indiqué M. Chergui dans un entretien à l’APS, à la veille de la tenue du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA dimanche et lundi prochains dans la capitale mauritanienne.

Il a estimé que le fléau de la corruption pouvait être « à l’origine de frustrations et de sentiments d’injustice générant des situations de conflits ». En plus de la corruption, il a relevé que le sommet de l’UA abordera aussi les questions du terrorisme, la radicalisation, les activités criminels et tous les trafics qui gangrènent le continent.

A cela s’ajoutent d’autres questions et préoccupations de l’UA, notamment celle du Sahara occidental, la situation au Sahel et dans les pays du voisinage ainsi que les crises en Centrafrique, au Burundi et dans la région des Grands Lacs.

« Nous allons nous pencher sur toutes ces situations suite à la tentative de militarisation du continent dans la Corne de l’Afrique et la présence de plus en plus de puissances étrangères dans la région du Sahel », a-t-il dit.

S’attaquer aux injustices, à la marginalisation et la violation des droits de l’homme

S’exprimant sur les causes à l’origine des situations de la marginalisation, de l’injustice, de la violation des droits de l’homme, la non inclusion des femmes et des jeunes dans tous les processus d’élaboration des différentes politiques de développement, M. Chergui a recommandé la conjugaison des efforts à même de régler toutes ces questions de manière durable.

Toutefois, M. Chergui s’est félicité des avancées enregistrées dans le continent, citant l’alternance démocratique au pouvoir observée dans certains pays et l’instauration de la réconciliation nationale.

En ce sens, il a estimé qu’il y a un « mouvement positif » pour le renforcement et l’approfondissement de la démocratie dans le continent ainsi qu’une prise de conscience des Etats membres de l’UA dans le cadre de l’initiative de faire taire les armes à l’horizon 2020.

Evoquant le problème de la migration, M. Chergui a indiqué qu’il ne fallait pas uniquement la traiter dans sa dimension sécuritaire, mais sous l’angle de ses causes profondes.

« Il est impératif de démanteler toute l’économie criminelle qui entoure ce genre mouvement d’êtres humains, annihiler les trafics et toutes les atteintes à la dignité humaine », a-t-il recommandé.

A cet effet, il a suggéré d’envisager une démarche durable à même de promouvoir l’investissement dans les pays africains et développer des projets socio-économique à court terme dans le but de redonner espoir aux jeunes africains.