La Première ministre italienne Giorgia Meloni se rendra en Algérie le mercredi 25 mars 2026, à l’invitation du président Abdelmadjid Tebboune. Cette visite s’inscrit dans le cadre du Plan Mattei pour l’Afrique, programme stratégique de Rome visant à renforcer sa coopération avec l’Algérie et ses partenaires méditerranéens dans les domaines de l’énergie, de l’agriculture et du développement régional.
Le déplacement de Giorgia Meloni a été annoncé officiellement le 20 mars 2026, peu après son retour du Conseil européen de Bruxelles. Selon l’agenda officiel du gouvernement italien, consultable sur le site du Palazzo Chigi, la visite en Algérie est prévue pour le 25 mars.
Ce calendrier rapproché après le sommet européen illustre l’importance que Rome accorde à ses relations avec Alger. Il montre également que la coopération méditerranéenne et africaine demeure un axe stratégique pour la politique étrangère italienne, complémentaire aux engagements européens.
Algérie – Italie : une coopération stratégique et concrète
L’Algérie est aujourd’hui un partenaire énergétique et économique majeur pour l’Italie, notamment dans le contexte de la diversification des approvisionnements en gaz naturel. Mais les échanges bilatéraux vont bien au-delà de l’énergie, avec des projets ambitieux dans l’agriculture, la recherche et l’innovation technique.
Dans le cadre du Plan Mattei pour l’Afrique, l’Italie et l’Algérie ont notamment lancé le Centre d’excellence italo-algérien « Enrico Mattei » à Sidi Bel Abbès, dédié à la formation et à l’innovation agricole. Cette initiative illustre le caractère pragmatique et concret de la coopération entre les deux pays, centrée sur des projets à impact tangible sur le terrain.
La visite permettra également de poursuivre les échanges sur des dossiers sensibles comme la gestion des flux migratoires et la lutte contre les réseaux de trafic d’êtres humains, des sujets qui figurent parmi les priorités de la relation bilatérale.
L’origine de cette visite : l’invitation du président algérien
L’origine de cette visite remonte à un entretien téléphonique entre Giorgia Meloni et le président algérien Abdelmadjid Tebboune. Lors de cet échange, le président algérien a formulé l’invitation, que la Première ministre italienne a acceptée.
Cette démarche traduit un niveau de confiance mutuel et un engagement commun à poursuivre la coopération sur des projets concrets.
La conversation a permis de faire le point sur le suivi du cinquième Sommet Italie-Algérie de juillet 2025, de discuter de l’avancement des projets agricoles et énergétiques et de confirmer la coopération sur les questions migratoires.
Plutôt qu’un signal politique fort, cette invitation peut être perçue comme une volonté d’Alger de consolider et d’approfondir ses relations avec Rome, dans un contexte régional où la collaboration pratique et bilatérale est essentielle.
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Algérie – Italie : les échanges commerciaux frôlent les 13 milliards d’euros en 2025
Les relations économiques entre l’Algérie et l’Italie atteignent un nouveau palier. Selon les données de l’Agence italienne pour le commerce extérieur à Alger, rapportées ce vendredi par Agenzia Nova, les échanges commerciaux bilatéraux ont avoisiné 12,98 milliards d’euros en 2025.
Ce chiffre confirme l’importance stratégique de la coopération entre les deux pays, dans un contexte marqué par la préparation d’une visite officielle de la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni.
Le détail des flux commerciaux montre un déséquilibre marqué entre importations et exportations. Les importations italiennes en provenance d’Algérie se sont établies à 9,78 milliards d’euros, enregistrant une baisse de 12,9 % par rapport à 2024. En revanche, les exportations italiennes vers l’Algérie ont progressé de 13,8 %, atteignant 3,2 milliards d’euros.
Cette évolution souligne la dépendance de l’Italie aux produits énergétiques algériens, tout en révélant une dynamique de croissance des exportations industrielles italiennes vers le marché algérien.
Le gaz naturel domine, mais la diversification se confirme
Le gaz naturel reste le pilier des importations italiennes, représentant 83 % du total, pour un montant de 8,1 milliards d’euros. Les autres produits énergétiques, tels que le pétrole brut (472 millions d’euros, -21,1 %) et les produits raffinés du pétrole (835 millions d’euros, -22,0 %), ont enregistré une baisse notable.
À l’inverse, le secteur sidérurgique a connu une forte progression de 255,5 %, avec des importations atteignant 175 millions d’euros.
Du côté des exportations italiennes, la mécanique et les équipements industriels se démarquent. Les produits de raffinage du pétrole ont généré 435 millions d’euros (+64,2 %), tandis que les machines à usage général ont atteint 428 millions d’euros (+50,9 %) et 347 millions d’euros (+51,0 %) pour d’autres machines destinées aux secteurs de l’énergie et de l’industrie manufacturière.
Certains produits ont toutefois connu un léger recul, comme les machines spéciales (275 millions d’euros, -1,8 %) et les produits chimiques de base et engrais (118 millions d’euros, -2,7 %).
Ces chiffres montrent que les échanges restent dominés par le secteur énergétique, mais mettent également en lumière un développement des exportations italiennes dans les secteurs industriels et mécaniques.
Cette tendance correspond aux ambitions des deux pays de diversifier et renforcer leur partenariat économique, souligne Agenzia Nova.
