La polémique enfle entre la SONELGAZ et la SEAAL :Le courant ne passe plus

La polémique enfle entre la SONELGAZ et la SEAAL :Le courant ne passe plus

P100819-14.jpgLes électriciens d’Alger n’acceptent pas d’assumer la responsabilité des interruptions d’approvisionnement en eau et en pain à Alger.

La société de distribution d’eau, Seaal, et les boulangers imputent la responsabilité des interruptions d’approvisionnement en eau et en pain à la Société de distribution d’électricité d’Alger.

Cela suffit pour excéder le président-directeur général de cette filiale de Sonelgaz. Abdelkader Boussourdi, qui a tenu à répondre à ces accusations lors d’une conférence de presse tenue hier dans la capitale. Sans, pour autant, aller jusqu’à nier toute responsabilité dans cette situation. Mais, tient-il à préciser, les coupures d’électricité ne sont pas d’ampleur à priver totalement la ville de ces deux denrées essentielles. Il ajoute que si le distributeur d’eau et les fabricants de pain considèrent que leurs produits sont si stratégiques, ils ont tout le loisir de sécuriser les sources de fourniture d’énergie ou d’augmenter leurs capacités de stockage.

Il précise que les boulangers peuvent se doter en groupes électrogènes ou demander des raccordements à partir de deux lignes électriques de telle sorte que s’il y a des problèmes sur l’une d’entre elles, la seconde restera en fonction.

Ces deux solutions, d’autres professionnels et industriels les ont déjà adoptées. Pour le cas de Seaal, Abdelkader Boussourdi pose la question de savoir pourquoi il n’y a pas eu de capacités de stockage d’eau dans des bassins pour parer à des défauts d’approvisionnement en électricité. En outre, rien n’empêche les gros consommateurs d’assurer leur autonomie d’approvisionnement.

D’autres responsables des directions régionales de la SDA présents lors de la conférence ajoutent d’autres éléments, d’explication des déboires de Seeal. Ses installations électriques sont vieilles et défectueuses et sont autant de raisons de perturbation d’alimentation en courant électrique. Le président-directeur général de la SDA révèle que des contacts réguliers ont lieu entre les boulangers et la SDA pour apporter une attention particulière à leur alimentation.

Ils sont avertis des coupures volontaires pour entretien ou pour travaux. Mais lorsque des responsables de chantiers de la commune, à titre d’exemple, creusent le sol et causent la rupture de câbles, la société n’a d’autre moyen de remédier à la situation que de dépêcher ses équipes de réparation.

Elles passeront au système des trois-huit prochainement. Les ruptures sont aussi expliquées par des événements naturels. Dans la nuit du 13 au 14 de ce mois, ce sont les conditions climatiques qui ont causé l’interruption de l’alimentation à cause de problèmes sur le réseau comme la rupture de câbles.

D’ailleurs, le même responsable a axé ses réponses à Seaal et aux boulangers sur les incidents vécus lors des premiers jours du Ramadhan. A la direction régionale d’El Harrach, par exemple, sur 78 stations de pompage d’eau, il y a eu 16 coupures de courant dont la durée varie entre 1 et 8 heures. A la direction de Bologhine, sur les 24 stations, il y a eu 5 coupures de même ampleur.

La principale station de Seaal qui est située à Kouba n’a été affectée par aucune coupure. Comment, dès lors, peut-on imputer la totalité des événements conduisant à l’arrêt d’alimentation en eau potable à la SDA? s’interroge son responsable.

Avant le début du Ramadhan, ce site a été victime d’une panne d’électricité de 2 à 4h. Sur 182 stations de pompage, dont certaines appartiennent à des APC ou à des particuliers, 31 ont été touchées par des pannes depuis le début du Ramadhan, soit 17%. Pour les boulangeries, il n’y a que 11% d’entre elles qui ont eu ce problème et pas toutes en même temps.

Sur 1172 commerces de ce genre à Alger, 123 ont connu des coupures d’électricité. Pas de quoi priver la capitale de pain, dit le même responsable. Sur le territoire couvert par la Direction régionale de Belouizdad, il n’y a eu qu’une seule boulangerie à être affectée par ce phénomène.

Ahmed MESBAH