La Grande mosquée de Paris conteste la « légitimité » du scrutin pour le renouvellement du CFCM

La Grande mosquée de Paris conteste la « légitimité » du scrutin pour le renouvellement du CFCM

1257-3-1.jpgLa Grande mosquée de Paris (GMP) a contesté lundi la « légitimité » des initiateurs du scrutin ayant permis la veille le renouvellement des instances du Conseil français du culte musulman (CFCM) aux niveaux national et régional.

« La Grande mosquée de Paris prend acte de ces élections tout en contestant la légitimité que souhaitent s’arroger les initiateurs de ce scrutin », a réagi son recteur, Dalil Boubekeur, dans un communiqué rendu public. Pour lui, ce scrutin « n’est en rien représentatif de la totalité des musulmans de France et des mosquées, puisque deux grandes organisations importantes

du CFCM, ainsi que la Grande mosquée de Lyon n’y ont pas participé, en dénonçant

les critères injustes du règlement électoral et les actions hégémoniques de

certaines fédérations » qui y sont rattachées. Lors d’un premier rassemblement européen de sa Fédération nationale, jeudi dernier à Lille, le GMP avait réaffirmé qu’elle ne comptait pas participer aux élections pour le renouvellement du CFCM, refusant le critère « injuste » du m2 adopté pour y être représenté.

« La foi ne se mesure pas au m2 (…) et il est donc entendu que notre fédération ne se rendra pas à (ces) élections, pas plus qu’en 2008 lors des précédentes élections », avait déclaré Dali Boubekeur à l’ouverture de ce rassemblement, en présence du secrétaire d’Etat chargé de la communauté nationale à l’étranger, Halim Benatallah, et de quelque 1800 délégués de France et d’autres pays d’Europe.

Pour le recteur, le CFCM « n’est pas un organe de représentation du culte musulman en France ». « L’islam ne reconnaissant aucune hiérarchie et, contrairement aux propos contenus dans le communiqué du CFCM du 5 juin 2011, le +travail collégial+ n’a jamais été la forme de gestion de cette institution », a-t-il dit. Selon la direction sortante du CFCM, ces élections ont permis d’élire les 41 élus à son conseil d’administration parmi lesquels deux devant « représenter » les participants de la Grande mosquée de Paris à ces élections.

Lors d’une intervention aux travaux du rassemblement européen de la FNGMP, le président de la Fédération régionale du Sud-Ouest de la GMP, Abdellah Zekri, avait « menacé » de prendre part à ce scrutin pour, a-t-il dit, « faire attendre la voix des 680 Algériens inscrits comme délégués votants issus de plus de 40 mosquées ».

Pour le recteur Dalil Boubekeur, les listes présentées au nom de la Grande mosquée de Paris ont été déposées en « violation des décisions de la Fédération nationale de la Grande mosquée de Paris, dont les membres avaient à l’unanimité réclamé un report de ces élections, estimant à juste titre que les conditions d’un scrutin impartial n’étaient pas réunies »