La France veut de nouveau délivrer 250 000 visas par an aux Algériens : la droite et le RN en ébullition

La France veut de nouveau délivrer 250 000 visas par an aux Algériens : la droite et le RN en ébullition
Paris veut de nouveau délivrer jusqu’à 250 000 visas par an aux Algériens. Cette volonté de relancer les relations avec Alger provoque une levée de boucliers de la droite et du RN.

Rapprocher Paris et Alger quitte à raviver les tensions internes ? En annonçant vouloir porter à 250 000 le nombre de visas annuels délivrés aux Algériens, l’ambassadeur Stéphane Romatet a jeté un pavé dans la mare. Une main tendue diplomatique qui suscite immédiatement de vives critiques de la part de la droite et de l’extrême droite françaises.

Marquées par des décennies de hauts et de bas, les relations franco-algériennes tentent un nouveau rapprochement. Après une absence de neuf mois décidée par Emmanuel Macron, l’ambassadeur de France Stéphane Romatet a retrouvé son poste à Alger il y a deux mois, avec le mandat clair de rebâtir les ponts entre les deux rives.

Pour concrétiser ce rapprochement, la France mise sur un levier fort : la relance massive des visas pour les ressortissants algériens. L’ambition est claire : renouer avec le niveau d’avant-crise et atteindre à nouveau la barre des 250 000 visas délivrés par an.

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Paris veut de nouveau délivrer 250 000 visas par an aux Algériens

« Je suis revenu en Algérie avec un mandat, avec une volonté, celle du président Emmanuel Macron, celle aussi qui m’a été confirmée dès mon arrivée par le président Abdelmadjid Tebboune, de, en quelque sorte, remettre cette relation sur les rails », expliquait-il dans un entretien accordé à TSA, voulant « faire redémarrer » la coopération entre Paris et Alger dans les domaines de « la sécurité, la justice et les questions migratoires ».

« Avant la crise, nous (en) délivrions à peu près 250 000 par an. Ce chiffre a chuté, et notre objectif c’est de faire en sorte (…) que ce chiffre puisse redémarrer à la hausse et revenir probablement au niveau qui était celui antérieur à la crise », a déclaré l’ambassadeur de France en Algérie.

Une démarche que le diplomate justifie par la nécessité de sauvegarder les ponts humains entre les deux rives, estimant que la population n’a pas à payer le prix des turbulences politiques.

Une annonce vivement critiquée

À droite et à l’extrême droite, l’annonce a fait l’effet d’une bombe. Le président du RN, Jordan Bardella, s’est immédiatement indigné d’une « capitulation du macronisme face à Alger (…) malgré les provocations et la détention d’un journaliste français », en référence à Christophe Gleizes, en prison depuis plus d’un an. Dans la foulée, son allié Éric Ciotti (UDR) a enfoncé le clou, fustigeant à son tour « une capitulation, une humiliation, une trahison ».

Quand Stéphane Romatet affiche l’ambition que « le volume de visas puisse redémarrer à la hausse », Marine Le Pen y voit une provocation. Samedi, elle a immédiatement contre-attaqué : « L’ouverture totale des vannes migratoires par un pouvoir macroniste en bout de course n’est pas une option pour la France ».


La colère a également gagné les rangs de la droite. Bruno Retailleau, le patron des Républicains et candidat à la présidentielle, connu pour sa ligne dure face à Alger, a exprimé sa « tristesse de voir notre diplomatie contrainte de courber la tête à cause des renoncements du président de la République devant le régime algérien ».

Dans le même ton, son bras droit François-Xavier Bellamy estime que la diplomatie française « est otage d’un président (Emmanuel Macron) qui semble déterminé à envoyer jusqu’au bout des preuves de soumission volontaire ».

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