La femme algérienne et la lutte de libération : un long combat pour briser l’oppression coloniale

La femme algérienne et la lutte de libération : un long combat pour briser l’oppression coloniale

actualite2[24792].jpgLa révolution consistait à revenir aux fondements et aux valeurs qui auront transformé la femme algérienne, afin de se reconstruire un destin, et renouer avec le fil de l’ histoire.

Il est hautement significatif de revenir au rôle de la femme, pour se remémorer les valeurs, et la place de celle-ci dans la société algérienne de l’époque et sous le joug colonial. Malgré les tentatives du colon à l’amoidrir voulant bafouer celle-ci en la dévoilant, pour briser la famille algérienne mais ne réussira pas. Pour le colonisateur le statut de cette femme algérienne enfermée et voilée était considérée comme un statut inférieur, et ce pour culpabiliser les Algériens et la rabaissé. Cette vision coloniale était contraire aux aspirations de celle-ci dont le rôle durant la guerre de libération a été déterminant du fait de sa ténacité et de sa résistance qui avait tissé les mailles de la société algérienne. Les tentatives de dépersonnalisation, n’ont put atteindre leurs objectifs car la femme algérienne s’est toujours soustraite au regard mécréant de l’Européen, et le voile la distinguait de par sa pudeur qui fut le symbole, de son identité.

La femme va abandonner le voile pour les besoins de la révolution

La participation de la femme dans la lutte de libération nationale et comme nous l’avons déjà mis en relief s’est distinguée dans l’action prenant les armes ce qui marquera un tournant dans le devenir de celle-ci de par le respect des autres. La femme va abandonner le voile pour les besoins de la révolution du fait de l’importance qu’elle revêtait à ses yeux et le risque de la mort était devenu pour ces algériennes le quotidien entraînant parfois leurs familles dans leur sillage face à une entité coloniale déterminée à briser le lien qui l’unissait à l’homme de par les nouveaux rapports. Aussi la révolution va développer chez elle un besoin accru et une soif de liberté. 50 ans ont passé, et la femme révolutionnaire a été reléguée au second plan, mais est-il qu’il est temps d’évoquer ces femmes si courageuses et qui ont illustré la révolution de par leur courage et leur abnégation. A l’occasion du 8 mars et du cinquentième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie il est du devoir de chacun de les évoquer pour qu’elles ne tombent dans l’oubli. Parmi ces grandes femmes nous évoquerons.

Malika Gaïd Naciba Malki dite Chafika des combattantes hors pairs

Malika Gaïd qui est née en 1934 à Belcourt alger. Ooriginaire de Timenguache, un village de Beni Yaâla, dans la wilaya de Sétif elle mourut les armes à la main dans une grotte-hôpital dans la région de Iwakouren près de M’chedallah. Malika Gaïd était une infirmière dans les rangs de l’ALN mais aussi une combattante. Malika Gaïd, tout comme toutes les combattantes qui se sont sacrifiés au nom de la liberté fait désormais partie de la mémoire et restera dans le coeur des algériens et algériennes. Une autre femme s’est illustrée par la bravoure il s’agit de la Chahida Naciba Malki dite Chafika. Cette dernière était responsable du secteur politico militaire (wilaya 4 zone III région …secteur v). Zohra Bellechleb de son vrai nom Malki Naciba était une infirmière, mais aussi une combattante. Chafika activa à Alger en 1956. A la suite de la grève des étudiants et lycéens, elle fut contrainte de rejoindre le maquis dans la région du Zaccar puis dans l’Ouarsenis. Elle tomba au champ d’honneur vers la fin de l’année 1959 dans la zone 3, wilaya 4 ; elle n’avait que 19 ans, Après l’indépendance, les restes de son corps ont été exhumés (1964) pour être enterrés au cimetière d’El Kettar ; l’ex rue Faidherbe à El Biar porte son nom « MALKI Naciba » ainsi que la cité à Hydra-Alger.

E’chahida Yamina Oudai dite Zoulikha

Cette grande dame est native de Hadjout. Mme Yamina EchaÏb, dite Zoulikha, veuve Larbi Oudaï, qui parlait parfaitement le français et n’avait aucun complexe face aux Européens, a pu réaliser son rêve lorsque la guerre de libération nationale a été déclenchée le 1er novembre 1954. Mère de trois enfants en bas âge, elle s’était illustrée par sa détermination farouche contre l’occupant, en dirigeant les femmes et les hommes pour la cause nationale, et en utilisant tous les subterfuges pour contourner les embuscades rendues par les forces coloniales. Quand les autorités coloniales se sont rendues compte de son rôle auprés de la population cherchelloise et de ses environs, elle décida alors de fuir et de rejoindre définitivement le maquis. Capturée le 15 octobre 1957, elle sera tortureé durant 10 jours. Elle n’a jamais dénoncé ces femmes et ces hommes qui militaient sous sa direction, dans le but de préserver l’organisation politico militaire. « Devant nous, ses mains menottées, déclare un témoin, elle a craché à la figure d’un capitaine militaire et nous a dit : Regarder ce que font les soldats français d’une Algérienne. « Nous ne l’avons plus revue depuis ce jour », conclut-il. Le mardi 25 octobre 1957, à 15h, Yamina Oudai, dite Zoulikha, a été exécutée.

E’chahida Raymonde peschard dite taoues

Née à Saida-Eugène (Alger) le 15 septembre 1927, militante des jeunesses communistes puis du parti communiste algérien, elle rejoint pendant la guerre de libération l’armée de libération nationale en Kabylie wilaya III. Le 26 novembre 1957 elle tombait, les armes à la main, à l’âge de 30 ans, Raymonde Peschard avec plusieurs de ses compagnons de l’ALN au lieu-dit Draa Errih, dans le djebel Tafartas, dans l’actuelle wilaya de Bordj Bou Arreridj dans la wilaya III.

E’chahida Meriem Bouattour

Née en 1938 elle a étudié au lycée de Sétif, elle rejoignit les rangs de la révolution au niveau de la wilaya il en 1956 et participa à de nombreuses opérations commando, à travers lesquelles elle fit la preuve de son courage exceptionnel. La dernière opération qu’elle exécuta fut celle qu’elle accomplit au côté de son camarade le martyr El Hamlaoui. Ces opérations étaient menées contre les institutions et installations militaires ainsi que les postes de police . elles consistaient également en la liquidation de traitres et des harkis. Ayant été dénoncés, ils furent découverts et se réfugièrent dans une maison qui fut encerclée par l’armée française puis dynamitée. Meriem Bouattour tomba ainsi en martyre pour la patrie le 08 juin 1960. Les observateurs et les historiens devant le succès de cette nouvelle forme de combat ont assimilé l’action des Algériennes à celles d’exemple pour toutes les femmes dans le monde Il n’y a jamais eu chez elles la moindre hésitation quand il s’agissait de se dresser devant l’injustice défendant ainsi un idéal des plus honorables pour que vive l’Algérie indépendante. Elles ne se sont données aucun répit, car le colonialisme ne lui en a laissé aucun combattant pour briser l’oppression coloniale. Il faut constamment avoir à l’esprit le fait que l’Algérienne engagée apprend à la fois d’instinct son rôle de femme mais aussi celle de combattante, s’élevant d’emblée au-dessus de la tragédie qu’aura vécut le pays et le peuple algérien enfin libre. niveau de la tragédie.

Benyahia Aek