La famille Tahkout devant la Cour suprême pour cette raison

La famille Tahkout devant la Cour suprême pour cette raison
Mahieddine Tahkout

La Cour suprême d’Algérie doit statuer le 12 mars prochain sur le pourvoi en cassation introduit dans une affaire impliquant plusieurs membres de la famille Tahkout, poursuivis pour entrave au bon déroulement d’enquêtes judiciaires, notamment par dissimulation et transfert de biens. Le recours a été déposé à la fois par le parquet près la Cour d’Alger et par les avocats de la défense.

Selon des informations rapportées par le média Echorouk, la chambre pénale de la haute juridiction devra décider d’accepter ou de rejeter les requêtes formulées par les deux parties à la date indiquée. Cette étape intervient après que la chambre pénale de la Cour d’Alger a prononcé des peines allant de l’acquittement à huit ans de prison ferme à l’encontre de membres de la famille Tahkout et d’autres accusés impliqués dans ce dossier.

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Peines et verdicts de la Cour d’Alger

Dans le détail des jugements rendus le 23 mars 2025 par la présidente de la chambre pénale, la peine la plus lourde — huit ans d’emprisonnement ferme — a été confirmée contre plusieurs proches de l’homme d’affaires Mohieddine Tahkout. Les condamnations de Rachid, Ibrahim et Hamid Tahkout ont ainsi été réduites de dix à huit ans de prison. Par ailleurs, Bilal Tahkout a écopé de cinq ans ferme, Ali Tahkout de quatre ans, tandis que Youcef Tahkout a été condamné à trois ans d’emprisonnement.

En revanche, Nacer Tahkout et neuf autres prévenus ont bénéficié d’un acquittement. Les peines prononcées contre les autres accusés — dont certains employés de la commune de Réghaïa — ont varié entre dix-huit mois de prison et des condamnations de un à cinq ans ferme, ou la relaxe selon les cas.

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Décisions judiciaires et enjeux de l’affaire

Le tribunal a également ordonné la confiscation de l’ensemble des biens saisis, incluant propriétés immobilières et comptes bancaires mentionnés dans les procès-verbaux dressés par le juge d’instruction.

Ces décisions judiciaires font suite à la comparution de la famille devant la dixième chambre pénale de la Cour d’Alger, siégeant dans une nouvelle composition, après que la Cour suprême a accepté un pourvoi « dans l’intérêt de la loi » portant sur plusieurs chefs d’accusation graves prévus par la législation anticorruption 01-06. Les charges incluent notamment le blanchiment d’argent via la dissimulation d’avoirs issus de crimes de corruption, l’entrave au bon fonctionnement de la justice par faux témoignage et obstruction aux investigations, ainsi que des pressions exercées sur des administrateurs judiciaires désignés par décision de justice.

Lors de leur comparution en janvier dernier, la présidente de la dixième chambre pénale a ordonné un complément d’enquête. Un expert a été mandaté pour se rendre auprès des services des Douanes de Mostaganem afin d’examiner les dossiers de base relatifs à des véhicules, dans le but de vérifier la date réelle de transfert des biens saisis : avant ou après la décision judiciaire.

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