La diaspora algérienne établie aux Etats-Unis est déterminée à contribuer au développement économique de l’Algérie notamment par le financement et l’accompagnement des start-up, créées par de jeunes talents, a affirmé mercredi à Alger le président du Conseil d’affaires algéro-américain, M. Smail Chikhoune.
« Nous allons aider au développement économique de l’Algérie en finançant la création de nouvelles start-up notamment dans le secteur des High Tech (hautes technologies) et en assurant le coaching nécessaire à leurs jeunes managers pour les aider à réussir leurs projets », a-t-il expliqué dans un entretien à l’APS en marge d’un forum sur le rôle de la diaspora dans le développement de l’économie nationale, ouvert mardi à Alger.
« Nous allons tout faire pour que notre diaspora contribue avec succès dans le développement du pays comme cela a été fait en Inde ou en Chine, deux pays qui avaient compris très vite l’intérêt de faire participer tous leurs enfants à travers le monde pour se développer », a-t-il soutenu.
Des universitaires, des chercheurs, des managers, des hommes d’affaires et d’autres compétences algéro-américaines envisagent, selon lui, de créer un fonds privé pour financer la réalisation de projets en Algérie par des jeunes universitaires dans des secteurs comme les Technologies de l’information et de la communication (TIC) ou les énergies renouvelables.
« Nous ne financerons pas n’importe quel projet. Il faut vraiment que la start-up (petite entreprise à fort potentiel de développement) à qui nous accorderons une aide financière soit capable de grandir pour devenir une PME compétitive », a-t-il expliqué. Baptisé « Casbah Business Angel », ce futur fonds sera doté au démarrage d’un budget supérieur à 100 millions de DA, a-t-il indiqué.
L’élite algéro-américaine propose, par ailleurs, de mettre à contribution son savoir-faire et son capital expérience pour encadrer les jeunes opérateurs durant les différentes étapes du lancement et de la concrétisation de leurs projets.
Comme cela est le cas dans les pays développés et émergents, il faut que les jeunes algériens pensent, a-t-il dit, à créer leurs entreprises dès qu’ils achèvent leurs études universitaires. Mais, il ne suffit pas de leur donner de l’argent pour le faire, il est nécessaire surtout de les coacher pour qu’ils réussissent leurs démarches.
Dans le domaine de l’encadrement des jeunes porteurs de projets, les représentants de la diaspora algérienne établie aux Etats-Unis signeront prochainement une série de conventions avec des universités, des incubateurs et certaines entreprises nationales pour transférer leur savoir-faire aux futures générations d’entrepreneurs en Algérie.
« Des sommes importantes sont données à des jeunes pour monter des affaires, mais ces derniers trouvent en général beaucoup de difficultés pour faire aboutir leur projet, et c’est là où peuvent intervenir les compétences de la diaspora à travers un coaching continu », a-t-il ajouté M. Chikhoune a souligné que le forum d’Alger s’inscrit dans le cadre des démarches engagées par une trentaine de membres de cette communauté dans le but d’aider à la création d’emplois et de richesses notamment au profit des jeunes.
Selon lui, ce forum constitue un espace de rencontres et d’échanges entre les représentants de la diaspora algérienne établie aux Etats-Unis et ceux de l’ensemble des institutions publiques chargées de la promotion de l’emploi et de l’investissement, afin d’établir un programme ou une feuille de route permettant une contribution « très concrète » de cette communauté dans l’édification d’une économie nationale productive. Interrogé sur l’opinion des investisseurs américains sur le marché algérien, M. Chikhoune a affirmé qu’ils sont « très intéressés » de venir travailler en Algérie notamment dans les secteurs du BTPH, des TIC et des services.
« Contrairement à certains préjugés, les Américains n’ont jamais été réellement dérangés par la règle « 51/49″ (régissant l’investissement étranger en Algérie), car elle est appliquée également dans d’autres pays au Moyen orient ou en Asie où ils ont des projets et des marchés », a-t-il précisé. Les investisseurs étrangers dont les Américains « craignent par contre l’instabilité de la réglementation qui les empêche d’avoir une visibilité à moyen et long termes », a-t-il estimé.
A une question sur la concrétisation du projet relatif à la réalisation d’un pôle biotechnologique en Algérie en partenariat avec des firmes américaines, il a affirmé qu’il est « en bonne voie » et que le pays a de « fortes chances » de devenir un fournisseur régional de nouvelles molécules et de médicaments à l’orée 2020 .
« L’Algérie a de fortes chances de devenir un pôle régionale de Recherche et développement, et de fabrication de médicaments à l’image de Singapour pour une partie de l’Asie et de Dublin pour l’Europe », a relevé M. Chikhoune, ajoutant que « si tout marche bien, les résultats des premières recherches sont prévus pour 2020 ».
Il est question d’abord de monter un pôle de Recherche et développement pour la création de nouvelles molécules en partenariat avec une douzaine des plus grandes entreprises américaines de l’industrie pharmaceutique avant de passer à la fabrication de médicaments. Ce futur pôle permettra, a-t-il dit, la création de milliers d’emplois et offrira aux universitaires algériens de faire de la recherche scientifique très poussée dans leur pays. « Ce projet permettra la création de milliers d’emplois. A Singapour, chacun de la dizaine de laboratoires qui sont là-bas emploie quelque 5.000 travailleurs », a-t-il fait savoir.
Créé en 2002, le Conseil d’affaires algéro-americain regroupe des hommes d’affaires algériens et américains dans le but de promouvoir les échanges commerciaux et la coopération économique entre l’Algérie et les Etats-Unis