Le Sénégal a remporté la 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations en s’imposant face au pays hôte, le Maroc, par la plus petite des marges (1-0 a.p.), au terme d’une finale haletante et riche en rebondissements. Un sacre historique pour les Lions de la Teranga, le deuxième de leur histoire, mais qui pourrait rester durablement associé à une controverse majeure, tant les événements survenus en fin de rencontre ont fait couler beaucoup d’encre.
Alors que le Maroc nourrissait l’espoir de mettre fin à une disette de cinquante ans sans titre continental, la finale a basculé dans les dernières minutes du temps additionnel. À la 90+5e minute, l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala, après consultation de la VAR, a accordé un penalty aux Lions de l’Atlas. Une décision qui a provoqué la colère du camp sénégalais. Avant même que Brahim Diaz ne s’avance pour exécuter la sentence, les joueurs sénégalais ont quitté la pelouse en signe de protestation, interrompant la rencontre pendant près de vingt minutes.
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Réactions et suites légales
Face à cette situation inédite, la Fédération royale marocaine de football a réagi dans un communiqué rendu public cet après-midi. Mauvaise perdante, l’instance dirigée par Fouzi Lekjaâ a annoncé qu’elle allait « recourir aux procédures légales auprès de la Confédération africaine de football (CAF) ainsi que de la FIFA afin de statuer sur le retrait de l’équipe nationale sénégalaise du terrain ». En d’autres termes, la FRMF demande officiellement aux instances compétentes de se prononcer sur la conformité de cet acte avec les règlements en vigueur.
Sur le plan juridique, les textes semblent, à première vue, donner raison à la partie marocaine. L’article 82 du règlement de la compétition stipule clairement que toute équipe qui « refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans autorisation de l’arbitre est considérée comme perdante et éliminée ». L’article 84 renforce cette disposition en précisant que « l’équipe fautive perd le match sur le score de 3-0 et peut faire l’objet de sanctions supplémentaires ».
Toutefois, dans la pratique, la situation apparaît plus nuancée. Principal argument en faveur du Sénégal : l’équipe ne s’est pas entièrement retirée du terrain. Sadio Mané est resté sur la pelouse durant de longues minutes, visiblement hésitant quant à l’attitude à adopter. Le capitaine sénégalais, élu meilleur joueur de la compétition, a finalement appelé ses coéquipiers à revenir et à reprendre le jeu : « Revenez, on va jouer comme des hommes ! ».
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Des amendes attendues à l’encontre du Sénégal
Ce geste de sang-froid et de leadership pourrait s’avérer déterminant dans l’analyse des instances disciplinaires. En ramenant son équipe sur le terrain, Sadio Mané a peut-être évité au Sénégal une sanction aux conséquences sportives lourdes.
Désormais, la balle est dans le camp de la CAF, appelée à trancher un dossier sensible qui pourrait marquer durablement l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations. Apparemment, le Jury disciplinaire devrait infliger de lourdes sanctions financières à l’encontre des Lions de la Teranga. Affaire à suivre…
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