La BADR rééchelonnera la dette de 345 armateurs pêcheurs

La BADR rééchelonnera la dette de 345 armateurs pêcheurs
la-badr-reechelonnera-la-dette-de-345-armateurs-pecheurs.jpg

La dette de 345 armateurs pêcheurs, contractée auprès de la Banque de l’Agriculture et du Développement rural (BADR), sera rééchelonnée, a indiqué mercredi le président de la Chambre nationale de la pêche et de l’aquaculture (CNPA), M. Mohamed Larbi Yahiouche. Cette mesure vient en application de la décision prise lors de la tripartite de mai dernier concernant la participation du gouvernement au rééchelonnement des créances des entreprises en difficulté avec un différé de paiement de trois années, une période durant laquelle le Trésor public prendra en charge les intérêts.

Sur les 556 opérateurs ayant bénéficié de crédits, la BADR a recensé 345 dossiers en contentieux avec elle, a précisé M. Yahiouche lors d’un point de presse tenu en marge d’une session ordinaire du Conseil national de la CNPA.

La banque a mis en place, la semaine dernière, un dispositif d’aide aux armateurs pêcheurs qui ont des difficultés à rembourser leurs dettes. Outre les trois années de différé, ce dispositif a fixé une durée allant de 1 à 10 ans pour traiter, cas par cas, les dossiers en contentieux avec cette banque publique.

M. Yahiouche a précisé que la mesure du rééchelonnement de la dette ne concerne que les opérateurs ayant contracté des crédits auprès de la BADR pendant le Plan de soutien à la relance économique (2001-2004) et le Plan de soutien à la croissance (2005-2009). Il a précisé, dans ce contexte, que le rééchelonnement de la dette ne concerne pas les opérateurs ayant contracté des crédits dans le cadre des dispositifs de l’ANSEJ et de la CNAC.

Le total de la dette due à la BADR est estimé à 5 milliards DA cumulé en raison des « mauvaises conditions climatiques réduisant les sorties en mer ainsi que la réduction de la ressource », argumente M. Yahiouche Le secteur compte 52.000 professionnels dont 53% travaillent dans le petit métier.

Par ailleurs, les présidents des 27 chambres de pêches ont débattu lors de cette session d’une proposition de créer une entreprise qui se chargera, entre autres, de la gestion des halles à marée et de participer au financement des chambres.

« Cette entité va nous permettre de résoudre le problème des fluctuations des prix du poisson, parce que le produit doit transiter par ces points de vente », a indiqué M. Yahiouche.

Les professionnels du secteur demandent également, en concertation avec le ministère de la Pêche et des ressources halieutiques, de « réglementer » la profession du mandataire.

Un projet de décret est d’ailleurs en cours de préparation pour définir les conditions d’établissement d’un cahier de charges spécifique au mandataire de poisson.

Les membres des chambres de la pêche ont également proposé la création des récifs artificiels pour lutter contre la pêche illicite et permettre à la ressource de se régénérer.