C’est un coup d’accélérateur décisif pour le projet ferroviaire le plus ambitieux d’Algérie. La Banque africaine de développement (BAD) a officiellement approuvé, mardi, une enveloppe de 878,09 millions de dollars destinée à la construction du tronçon Laghouat-Ghardaïa-El Meniaâ. Ce financement d’ampleur porte spécifiquement sur les 230 kilomètres reliant Ghardaïa à El Meniaâ. Segment central d’une ligne ferroviaire de 495 kilomètres qui doit mailler le grand Sud algérien.
L’annonce, publiée dans un communiqué officiel du conseil d’administration de la BAD, confirme l’engagement de l’institution aux côtés d’Alger dans sa stratégie de désenclavement territorial. Mais au-delà du simple chantier ferroviaire, c’est une vision géopolitique et économique qui se dessine. Celle d’une Algérie qui muscle sa logistique pour devenir la plaque tournante des échanges entre l’Afrique subsaharienne, le bassin méditerranéen et l’Europe.
La ligne ferroviaire nord-sud attendue en 2030 : un financement de 878 millions $ de la BAD pour accélérer le projet
La manne financière allouée par la BAD répond à une urgence. Doter le pays d’un axe ferroviaire nord-sud performant, capable d’acheminer les richesses minières et agricoles du Sahara vers les côtes méditerranéennes. Tout en ouvrant un corridor commercial inédit vers le continent africain.
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En effet, le projet, dans son ensemble, ambitionne de relier Alger à Tamanrasset. Une artère de plusieurs milliers de kilomètres dont les premiers tronçons doivent entrer en service avant 2030. Ainsi, les autorités algériennes voient dans cette infrastructure un levier majeur pour accompagner le développement économique des wilayas du Sud. Longtemps pénalisées par l’éloignement et l’absence de liaisons terrestres robustes.
Mike Salawou, directeur des infrastructures et du développement urbain au sein de la BAD, souligne l’importance de ce soutien financier. « Grâce à ce financement, la Banque africaine de développement soutient l’Algérie dans la mise en place d’infrastructures ferroviaires stratégiques qui stimuleront la transformation économique, la connectivité territoriale et l’intégration régionale », a-t-il déclaré.
Diversification économique: la ligne nord-sud, un projet au service du “made in Algeria”
Loin d’être un simple projet de mobilité, la ligne ferroviaire nord-sud s’inscrit dans la politique de diversification de l’Algérie. Un pays historiquement dépendant des hydrocarbures. La BAD le rappelle dans son communiqué : « ce projet vise à relier sa population, ses mines et ses ports afin d’optimiser l’utilisation de ses ressources et de créer de la richesse ».
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Concrètement, le fret ferroviaire permettra d’évacuer dans des conditions compétitives les minerais du Hoggar, les phosphates des régions sahariennes ou encore les productions agricoles des nouvelles zones de mise en valeur.
Mais la dimension la plus spectaculaire de ce chantier réside dans sa vocation transfrontalière. La ligne nord-sud doit s’intégrer au corridor ferroviaire transsaharien. Un projet continental qui vise à connecter l’Algérie à ses voisins du Sahel, puis à l’Afrique de l’Ouest et centrale. Pour Alger, c’est la promesse de voir le « made in Algeria » pénétrer plus aisément les marchés africains.
BAD : « L’Algérie, porte d’entrée entre l’Afrique et l’Europe »
La BAD voit dans ce financement bien plus qu’un simple prêt. L’institution estime que cette nouvelle ligne contribuera à « renforcer la position de l’Algérie comme porte d’entrée entre l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe ». Une ambition géostratégique que le gouvernement algérien ne cache plus.
En outre, ce projet illustre la confiance renouvelée des bailleurs de fonds internationaux. Dans les capacités de l’Algérie à mener à bien des mégaprojets structurants. La BAD, qui accompagne déjà le pays sur d’autres chantiers d’infrastructure, réaffirme par cet engagement son rôle de partenaire privilégié dans la modernisation du réseau de transport algérien.
Reste à concrétiser sur le terrain. Les appels d’offres pour la réalisation du tronçon devraient être lancés dans les prochains mois. L’échéance 2030 impose un rythme soutenu, à la hauteur des enjeux économiques et diplomatiques que porte ce rail du désert.
