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Ovationnée par les Algériens, accueillie froidement au club : Kaylia Nemour raconte l’après-JO

Ovationnée par les Algériens, accueillie froidement au club : Kaylia Nemour raconte l’après-JO
Invitée du podcast Origins de Canal+ Sport Afrique, Kaylia Nemour raconte le soutien des supporters algériens lors des JO de Paris 2024 et l'accueil réservé par ses anciennes coéquipières après sa médaille d'or.
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Invitée du podcast Origins de Canal+ Sport Afrique, Kaylia Nemour raconte le soutien des supporters algériens, jusqu’en finale olympique. Elle revient aussi sur l’accueil, plutôt froid, de ses anciennes coéquipières après l’or de Paris 2024. La championne évoque enfin un « mini burn-out » et son attachement à l’Algérie.

Un chant dans le silence de la finale olympique

Kaylia Nemour était l’invitée du quatrième épisode d’Origins, le podcast de Canal+ Sport Afrique consacré aux athlètes binationaux. Enregistrée à Dijon, au retour des championnats d’Afrique 2026, l’émission revient longuement sur son lien avec les supporters algériens. La championne y raconte une anecdote marquante, survenue juste avant sa finale olympique.

Elle mettait de la magnésie sur ses mains, quelques instants avant son passage aux barres asymétriques. « Il y avait un blanc total », se souvient-elle. Deux jeunes hommes ont alors lancé le fameux « One, two, three… » depuis les gradins, suivi d’un « Allez Kaylia ! ».

Sur le coup, la gymnaste a mal vécu cette intervention. « Je me suis dit : non, là, c’est pas possible, ça me met trop le stress », raconte-t-elle en riant. Puis les encouragements ont enflé au fil de son mouvement.

« Plus le mouvement avançait […], plus ça criait, et plus ça me boostait », décrit la championne olympique. Elle avoue avoir été surprise par le nombre d’Algériens présents dans les tribunes. « Je pensais pas qu’il y aurait autant de personnes dans les gradins pour me soutenir », confie-t-elle.

« Pourquoi moi, la petite Kaylia Nemour ? »

Ce soutien l’avait déjà marquée aux championnats du monde 2023, où elle avait décroché l’argent aux barres. En voyant les drapeaux algériens, elle s’était dit : « Ils sont venus pour moi. » Elle cite aussi les vidéos tournées par des supporters qui hurlaient à chacune de ses réussites.

À Paris, l’émotion a été plus forte encore. « Quand je rentrais dans la salle et que j’entendais hurler de partout, je me suis dit : waouh », raconte-t-elle. La gymnaste confie pourtant ne pas s’être sentie légitime : « Pourquoi moi, la petite Kaylia Nemour ? »

Elle résume la ferveur algérienne en une formule. « Les Algériens, quand ils soutiennent, ils soutiennent. Quand ils sont là, ils sont là, et c’est pas à moitié », lance-t-elle. Avant d’ajouter : « C’est vraiment un boost. »

Même au Cameroun, lors des championnats d’Afrique 2026, elle a repéré quelques supporters malgré des tribunes clairsemées. « Il y a eu deux, trois familles avec le drapeau algérien, et j’étais vraiment surprise », raconte-t-elle. En Algérie, les gens lui répètent leur fierté et l’encouragent à « ramener des médailles pour rendre fier le peuple ». « Ça me motive grave », sourit-elle.

Des inscriptions en gymnastique qui « explosent »

Depuis les Jeux, sa notoriété a dépassé le cercle des amateurs de gymnastique. De nouvelles personnes s’intéressent à ce sport et à son histoire, observe-t-elle. Elle a fêté sa médaille en Algérie lors d’une soirée surprise, réunissant des proches et des soutiens de longue date. « Je m’en souviendrai toute ma vie », assure-t-elle.

Sa plus grande fierté reste l’essor de la gymnastique en Algérie. Avant, les parents pensaient plutôt à l’athlétisme pour leurs enfants, explique-t-elle. Désormais, elle évoque « des centaines et des centaines » d’inscriptions, et des papas qui photographient leur fille à l’entraînement.

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Un retour mitigé dans son ancien club

Le contraste est saisissant avec son retour en France, du moins au sein de son club. Sa famille et ses amies l’ont, elles, chaleureusement fêtée. Ses frères et sœurs l’attendaient devant la maison, avec une pancarte et de la musique.

L’accueil a été bien différent dans son club de l’époque, à Avoine-Beaumont. « Au club, ça s’est passé différemment de ce que je pensais, vraiment », confie-t-elle. La gymnaste avait voulu faire la surprise à ses coéquipières, en débarquant sans prévenir après les Jeux.

« Il n’y avait personne vraiment qui s’était levé avec enthousiasme », se souvient-elle. Elle espérait des câlins et des félicitations, mais ses camarades étaient en train de s’étirer. « On m’a dit : bon, alors, c’était bien ? Bravo », résume la championne olympique.

« C’est peut-être idiot de ma part », reconnaît-elle en évoquant ses attentes. « J’avoue que je ne savais pas trop où me mettre », ajoute Kaylia Nemour. Elle a ensuite repris l’entraînement « presque comme si de rien n’était ».

La gymnaste révèle aussi avoir traversé une période difficile après son sacre. « Rien que déjà là, avec la médaille, après les Jeux, j’ai fait un mini burn-out », confie-t-elle. Elle décrit une préparation extrêmement intense, tournée vers la seule médaille d’or pendant « un an, un an et demi ».

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Le choix de l’Algérie, « le meilleur » de sa carrière

Kaylia Nemour revient aussi sur son changement de nationalité sportive. Bloquée par la Fédération française après une opération des deux genoux, elle a accepté de représenter l’Algérie. L’idée est venue de Nadia Massé, sa chorégraphe de l’époque, qui travaillait déjà avec l’équipe nationale.

Son premier séjour en Algérie remonte, selon ses souvenirs, aux championnats arabes d’octobre 2022 à Oran. « Personne ne me connaissait. Je suis arrivée à l’aéroport tranquille », se souvient-elle. Ses coéquipières l’ont pourtant très bien accueillie, et elle garde le souvenir de gens « tellement bienveillants ».

Ce choix a aussi permis à sa famille paternelle, originaire de Jijel, de renouer des liens. Son père, né en France, n’était pas retourné en Algérie depuis la mort de son propre père, selon elle. « Le fait que j’ai représenté l’Algérie, ça a tout débloqué », se réjouit la gymnaste.

« Ça m’a construit », résume-t-elle à propos de ce choix, qu’elle présente comme le meilleur de sa carrière. Elle confie aussi rêver d’y séjourner plus longuement, pour découvrir le pays et ses habitants. « Plus j’y vais, plus j’ai envie d’y retourner », assure la championne.

Une nouvelle vie à Dijon

Depuis son départ d’Avoine-Beaumont, annoncé en 2025, Kaylia Nemour s’entraîne à Dijon avec Nadia Massé. Elle affirme que son entraîneure lui a appris « à être fière » d’elle. « Elle me laisse m’exprimer, donner mon avis », explique la championne.

Avec l’équipe d’Algérie, elle a remporté les championnats d’Afrique 2026 à Yaoundé, synonyme de qualification pour les Mondiaux de Rotterdam. Elle vise désormais une médaille mondiale au concours général, un objectif qu’elle juge « accessible ». Depuis l’enregistrement, elle a aussi raflé trois titres aux Jeux méditerranéens de Tarente.

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AS

Ahmed Saifi

Journaliste senior – Politique, actualité nationale et société

Ahmed Saifi est journaliste senior au sein de la rédaction d'Algerie360. Fort de plus de vingt années d'expérience dans le journalisme, il suit et analyse les grands enjeux politiques, institutionnels et sociaux qui façonnent l'actualité algérienne.

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