Karim TaBbou sur les ondes de la chaine III : “Le changement est indispensable mais doit être pacifique”

Karim TaBbou sur les ondes de la chaine III : “Le changement est indispensable mais doit être pacifique”
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«Le FFS continue de croire que le changement est indispensable mais doit être pacifique, sérieux, afin de mener le pays vers la démocratie», c’est ce qu’a affirmé hier le premier secrétaire national du parti, M. Karim Tabbou sur les ondes de la radio nationale, Chaîne III.

En effet, selon lui, les Algériens « ont payé le prix fort du changement et nous devons leur rendre le prix des sacrifices consentis par un changement sans violence».

M. Tabbou expliquera dans ce contexte que le Front des forces socialistes estime que la priorité pour l’Algérie aujourd’hui n’est pas la révision de la Constitution mais d’aller vers la démocratie. Le «plus important actuellement» est de mettre en place des institutions démocratiques qui « réussiront à rétablir la confiance des Algériens et institutions de l’Etat ».

«Une fois le rapport des Algériens aux institutions rétabli et devenu normal, les Algériens vont trouver eux-mêmes les moyens d’écrire leur première Constitution», a-t-il expliqué.

Pour le premier secrétaire du parti, il s’agit de donner aux Algériens «le droit d’élire librement» leurs représentants et, c’est cela qui va aboutir à «construire des élections démocratiques».

Allant plus loin, il précisera le fait qu’«Aujourd’hui, tout ne vient pas d’une représentation démocratique légitime et on continue d’imposer des représentations qui ne viennent pas de la société mais octroyées, cooptées et désignées par le pouvoir», a-t-il argumenté.

D’ailleurs, selon lui, son parti ne fera pas partie de la commission sur la révision constitutionnelle annoncée par le Président Abdelaziz Bouteflika dans son discours du 15 avril. «Le FFS a choisi d’exister là où le peuple bouge, et pas dans les commissions bureaucratiques destinées à arranger les affaires internes au pouvoir», a-t-il indiqué. «Nous avons eu la preuve, plusieurs fois, que le problème n’a jamais été le contenu d’une Constitution. Les problèmes sont ailleurs et le pouvoir veut que les solutions soient bureaucratiques. Tout le monde sait que dans les régimes arabes et maghrébins, le meilleur moyen de tuer un problème est de lui créer une commission », a-t-il relevé.

Il a rappelé que le FFS a fait partie en 1997 de la commission d’enquête parlementaire sur la fraude électorale. « A ce jour, le rapport de cette commission n’a pas été rendu public. Pire, ce rapport a disparu de l’Assemblée nationale, a-t-il dit. Cela passe, selon lui, par l’élection d’une assemblée constituante pour mettre en place une base institutionnelle en vue d’élaborer une Constitution qui «sera l’émanation de la volonté populaire».

Il a estimé que l’installation d’institutions démocratiques, «qui auront rétabli la confiance des Algériens », doit être un préalable à l’élaboration, par la population, d’une Constitution. Les Algériens doivent, selon lui, avoir le droit à l’expression et les partis le droit de faire de la politique. «Aujourd’hui, qui représente le peuple algérien ? Avons-nous donné les moyens aux Algériens de choisir eux-mêmes leurs représentants ?», a-t-il demandé.

Evoquant la question du code de la famille, le représentant du parti d’Aït Ahmed a estimé qu’il faut, au préalable, l’abroger avant de penser à la représentativité des femmes dans les partis ou les assemblées élues tel que prévu dans la future révision de la loi électorale. «La totalité du pouvoir s’exerce en dehors de tout contrôle et de toutes les institutions parfois cela existe même au niveau des APC. Des agents de l’administration ont plus de pouvoir et décident à la place des élus. Cela est valable à toutes les échelles de l’Etat», a-t-il encore expliqué.

Invité à s’exprimer sur les autres mesures annoncées par le Président de la République, telles que la loi électorale, la loi sur les partis politiques et celle relative à l’information, Karim Tabbou dira que la priorité est d’accorder aux partis politiques «le droit à l’exercice de la politique», et aux Algériens «le droit à l’expression et au choix de leurs représentants ».

Pour le FFS, réviser la loi sur les partis ou tout autre loi «ne change absolument rien si on ne donne pas au peuple algérien, aux personnes et acteurs concernées le droit d’élaborer par eux-mêmes leurs lois».

Il a expliqué, dans ce sens, qu’“il faut d’abord redonner aux Algériens le droit d’activer (politiquement), d’élire des assemblées, d’être représentés par des institutions démocratiques qui auront la charge de légiférer.”

Amel Zemouri