Kamel Daoud récompensé en Suède : après le Goncourt, il remporte le prix Stig Dagerman 2026

Kamel Daoud récompensé en Suède : après le Goncourt, il remporte le prix Stig Dagerman 2026
L’écrivain Kamel Daoud a reçu le Prix Stig Dagerman 2026, une distinction décernée en Suède après son sacre au Goncourt 2024.

L’écrivain algérien Kamel Daoud vient de recevoir le Prix Stig Dagerman 2026 en Suède. Créée en 1996 par la municipalité d’Älvkarleby et l’association éponyme, cette récompense honore « les défenseurs de la liberté d’expression et de la paix ».

Pour sa 30e édition, le prix Stig Dagerman 2026 a été attribué par la municipalité d’Älvkarleby et l’association éponyme à l’écrivain algérien Kamel Daoud. Déjà auréolé du prix Goncourt 2024 pour son roman Houris (Gallimard), l’auteur, installé en France depuis 2023, voit ainsi ses écrits de nouveau salués sur la scène internationale.

Après l’Égyptienne Nawal El Saadawi en 2012 et le Syrien Adonis en 2016, il devient la troisième plume d’origine arabe à obtenir ce titre. La cérémonie officielle se tiendra en mai prochain.

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Kamel Daoud remporte le prix Stig Dagerman 2026

En recevant ce prix prestigieux qui honore la mémoire de Stig Dagerman (1923-1954), figure de proue des lettres scandinaves, Kamel Daoud devient le troisième auteur arabe ainsi distingué. Il inscrit son nom à un palmarès international impressionnant, marchant dans les pas de l’écrivaine suédoise Carina Rydberg (2023) ou encore de J.M.G. Le Clézio, qui reçut cette distinction en 2008, l’année même de son Prix Nobel de littérature.

Le jury explique cette consécration de la sorte : « en donnant la parole aux anonymes, il bouleverse l’histoire et nous révèle ce que beaucoup préfèrent taire. Son écriture explore la libération des mots et le pouvoir fascinant du langage de rendre le monde visible sous un jour nouveau. Son œuvre, à la fois puissante et percutante, à l’instar de celle de Stig Dagerman, allie une vision lucide de la condition humaine à une esthétique littéraire d’une grande finesse ».

Le samedi 23 mai à 13h00, les eaux du Mellanfallet seront libérées par Vattenfall en signe d’hommage au nouveau lauréat. Cet acte précédera la remise des prix proprement dite, organisée au Stora Hallen entre 13h30 et 15h00.

Houris, entre vie privée et liberté de création

Depuis 2025, l’écrivain Kamel Daoud et son éditeur Gallimard font l’objet d’une assignation en justice en France pour atteinte à la vie privée. Saâda Arbane accuse l’auteur d’avoir « volé » son histoire personnelle pour bâtir l’intrigue de son roman Houris, lauréat du prix Goncourt 2024. Elle souligne des similitudes troublantes entre sa propre tragédie et celle de l’héroïne du livre, notamment les circonstances d’un attentat l’ayant laissée sans voix.

La plaignante affirme n’avoir jamais consenti à l’utilisation de son récit, malgré plusieurs sollicitations refusées. Elle met en cause le lien de proximité avec l’épouse de l’écrivain, une psychiatre qui l’aurait suivie durant plusieurs années.

De son côté, Kamel Daoud dément formellement ces accusations, défendant la nature fictionnelle de son œuvre et dénonçant une campagne de déstabilisation orchestrée. Ce différend se déplacera sur le terrain judiciaire français avec une première audience de procédure fixée au 7 mai 2026 à Paris.

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