La Cour criminelle près le tribunal de Dar El-Beida a prononcé de lourdes peines à l’encontre de 31 accusés poursuivis pour appartenance à un groupe armé terroriste. La majorité d’entre eux étaient en détention préventive et activaient au sein de la katiba dite « Amrouna », retranchée dans le massif montagneux de Aïn Defla, sous l’égide de l’émir Mohamed Bousouil, alias « Ilyes ». Les prévenus sont impliqués dans plusieurs actions criminelles perpétrées à travers les wilayas de Tissemsilt, Médéa et Aïn Defla.
Selon le média « Ennahar », le principal accusé, Rachid Belakbane, a été condamné à la peine capitale pour homicide volontaire avec préméditation, tentative d’homicide, participation à des groupes terroristes armés et détention d’armes de première catégorie. La même sentence a été infligée à Brahim Khabaz.
Par ailleurs, la réclusion criminelle à perpétuité a été prononcée contre Hamza Zouaber et Bilal Nouaouer. Huit autres accusés ont écopé de 30 mois de prison ferme et d’une amende de 100 000 DA pour apologie et encouragement d’actes terroristes.
Le tribunal a également condamné Timouli Djelloul à quatre ans de prison ferme et 200 000 DA d’amende pour les mêmes faits, ainsi que pour détention d’armes prohibées sans motif légal. De son côté, Remmal Boutsen a été condamné à trois ans de prison ferme et 200 000 DA d’amende pour vente illégale d’arme à feu. Treize accusés ont été acquittés des charges d’apologie du terrorisme et de non-dénonciation de crime.
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Contexte de l’affaire
Selon la même source, l’affaire remonte à mai 2023, après l’arrestation d’un groupe de quatre individus recherchés, localisés dans une cache souterraine à Thniet El-Had puis neutralisés à l’aide de gaz lacrymogène après un échange de tirs avec les forces de sécurité. Cet accrochage a entrainé, faut-il le mentionner, la mort du capitaine Mohamed Tenaï.
Les débats ont révélé que Rachid Belakbane, alias « Ouday », déjà condamné en 1998 pour soutien à des groupes armés, figure parmi les éléments les plus dangereux de cette organisation. Il a rejoint les maquis en 2003 dans la région de Tachta (Aïn Defla), où il a reçu une formation militaire sous la supervision d’Abderrahmane Titaouine et a servi d’escorte à Souane Omar.
Les enquêteurs ont établi que les membres du groupe évitaient systématiquement les routes surveillées par les forces militaires, utilisant des signes discrets pour signaler la sécurité des itinéraires, comme l’accrochage de sacs blancs en hauteur sur les arbres afin qu’ils soient visibles de leurs complices.
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Les aveux chocants du principal accusé
Lors de l’audience, et selon toujours « Ennahar », le principal accusé Rachid Belakbane a fait des aveux chocants. D’abord, il a déclaré avoir quitté l’école très tôt, n’ayant atteint que le niveau primaire, après avoir été poursuivi dans une affaire de soutien à des groupes terroristes qui lui avait valu une peine de cinq ans de prison, purgée en 2001. De retour chez lui, il a été influencé par l’idéologie jihadiste, notamment par son frère Omar Belakban, tué en 1998, avant d’être convaincu par des membres d’un groupe armé de les rejoindre.
Aussi, il a expliqué qu’en 2003, il avait officiellement intégré des groupes terroristes actifs dans la région de Tachta, où il avait reçu un entraînement militaire avec d’autres recrues, puis avait été affecté à plusieurs katibas opérant dans les wilayas de Médéa, Aïn Defla et Tissemsilt. En mai 2021, il s’était rendu avec l’émir Omar Souane dans les zones de Ghilas et Torouzin, près de Theniet El-Had et Bordj Emir Abdelkader, où ils avaient rencontré d’autres membres armés chargés de collecter vivres, vêtements et équipements destinés au reste de leur cellule basée à Amrouna.
Il a également déclaré qu’au moment de leur arrestation, le 10 mai 2023, il se trouvait avec Billel Nouaouer, Brahim Khabaz et Hamza Zouaber dans la zone d’El-Kaciria lorsqu’ils ont été encerclés dans leur cache. Un échange de tirs s’est produit, au cours duquel ils ont blessé un militaire par balle. Après la chute de ce dernier dans la grotte où ils se trouvaient, l’accusé Brahim Khabaz l’avait poignardé mortellement à l’abdomen.
Des liens avec « Al-Qaïda »
Enfin, le principal accusé a indiqué que les fonds utilisés pour l’achat de provisions provenaient de la branche régionale de Al-Qaïda au Maghreb islamique par l’intermédiaire de son responsable régional, lui-même alimenté par le chef national du réseau. Parmi leurs soutiens logistiques figurait un individu nommé Daoud Azzaz, chargé de leur fournir farine, blé et sucre, tandis que certains complices locaux facilitaient leurs déplacements et leur ravitaillement.
Ce verdict marque l’aboutissement judiciaire d’un dossier sécuritaire majeur remontant à près de trois ans d’enquête et impliquant l’un des réseaux armés les plus actifs dans cette région du pays.
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