Jusqu’à quand l’Algérie peut-elle tenir sur ses réserves d’eau ? Le ministre de l’Hydraulique répond

Jusqu’à quand l’Algérie peut-elle tenir sur ses réserves d’eau ? Le ministre de l’Hydraulique répond
Barrages en Algérie

En visite de travail dans la wilaya de Médéa, le ministre de l’Hydraulique, Lounès Bouzegza, a tenu à rassurer l’opinion publique : les stocks actuels des barrages sont suffisants pour couvrir les besoins en eau potable de la population pour une période allant jusqu’à deux ans.

Ce diagnostic optimiste intervient alors que le pays se prépare à une hausse de la demande durant la saison estivale. Grâce aux dernières précipitations, la situation sécuritaire hydrique nationale s’est nettement consolidée. Selon les chiffres communiqués par le ministre :

  • 20 barrages à travers le pays affichent un taux de remplissage de 100 %.
  • La moyenne nationale de remplissage pour le reste des infrastructures oscille autour de 60 %.

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Le ministre a insisté sur le fait que ces indicateurs positifs doivent se traduire concrètement sur le terrain par une amélioration du service public et une distribution régulière, mettant fin aux perturbations signalées dans certaines localités.

Médéa : Doublement des capacités de distribution

La wilaya de Médéa bénéficie de mesures d’urgence pour sécuriser son approvisionnement. Le ministre a annoncé le relèvement du quota quotidien issu du barrage de Koudiat Acerdoune, passant de 85 000 m³ à 200 000 m³. Cette augmentation massive vise à stabiliser la distribution dans 33 zones de la région.

Par ailleurs, des enveloppes financières supplémentaires ont été débloquées pour renforcer les conduites de transfert depuis le barrage de Ghrib et le champ de captage de Birine.

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Le ministre a fermement instruit les responsables locaux de lever les obstacles administratifs afin d’accélérer le projet de doublement de la canalisation entre le barrage de Ghrib et le chef-lieu de la wilaya.

Réutilisation des eaux usées : Le nouveau pari de l’Algérie pour booster l’irrigation agricole

Bouzegza mise également sur une gestion rigoureuse des ressources : l’eau potable doit être préservée pour la consommation humaine, tandis que les eaux traitées doivent être redirigées vers l’agriculture.

  • Station d’épuration de Barrouaghia : Actuellement achevée à 70 %, cette station devrait entrer en service d’ici la fin de l’année. Avec une capacité de 12 000 m³/jour, elle permettra d’irriguer plus de 2 000 hectares dans les zones de Barrouaghia et Sidi Naamane.
  • Barrage Ladrat : Le ministre a souligné l’importance de valoriser cette infrastructure dédiée à l’irrigation pour soutenir le développement agricole local.

Fuites et gaspillage d’eau : Le cri d’alarme du ministre

En conclusion de sa visite, le ministre a appelé à la mobilisation des « cellules de vigilance » pour une intervention rapide en cas de panne sur les réseaux. Il a également exhorté les citoyens à une consommation rationnelle, rappelant que la préservation de l’eau est une « responsabilité collective ».