Le tribunal de Sidi M’hamed a frappé un grand coup dans le milieu de la spéculation automobile. Dix individus, impliqués dans un réseau de revente illicite de véhicules neufs, ont été condamnés à de lourdes peines de prison ferme, assorties de la saisie systématique de tous les véhicules saisis.
Le verdict est tombé en fin de semaine dernière, marquant la fin d’une affaire qui a secoué le marché automobile national. Le tribunal de Sidi M’hamed a prononcé des peines exemplaires :
- 5 ans de prison ferme et une amende de 2 millions de DA ont été infligés au principal accusé ainsi qu’à trois de ses complices.
- 3 ans de prison ferme pour sept autres prévenus, incluant des intermédiaires et des agents agréés.
- Saisie définitive de l’ensemble des véhicules ayant fait l’objet de la transaction frauduleuse.
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L’affaire a éclaté suite à une enquête minutieuse menée par le service de lutte contre la cybercriminalité de la Sûreté Nationale. Les investigations ont révélé l’existence d’un plan concerté entre des concessionnaires agréés de la wilaya de Constantine et des revendeurs informels.
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Le mode opératoire était simple mais dévastateur pour le marché : le réseau acquérait des Fiat Doblo Panorama (produites localement) au prix officiel de 337 millions de centimes, pour les revendre immédiatement sur des sites d’annonces en ligne à des prix oscillant entre 490 et 550 millions de centimes. Un bénéfice net dépassant les 200 millions de centimes par véhicule.
Grâce à l’utilisation de moyens techniques avancés, les enquêteurs ont pu remonter la trace de 12 individus et de deux sociétés spécialisées dans les annonces électroniques. Les mis en cause ont été poursuivis pour spéculation illicite, complicité et tentative de spéculation, conformément aux articles 12, 13 et 20 de la loi relative à la lutte contre la spéculation.
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Alors que le procureur de la République avait requis une peine de 10 ans de prison ferme pour l’ensemble des prévenus, les condamnations prononcées reflètent la volonté de l’État de protéger le pouvoir d’achat des citoyens.
Cette décision de justice sonne comme un avertissement solennel : la spéculation sur les véhicules n’est plus considérée comme une simple infraction commerciale, mais comme une action organisée visant à déstabiliser l’économie nationale. Les autorités réaffirment ainsi leur engagement pour la transparence et l’équilibre d’un marché automobile en pleine restructuration.
