Ségolène Royal, présidente de l’Association France-Algérie et ancienne ministre française, a expliqué publiquement les raisons de son refus de participer à un reportage diffusé par la chaîne France 2 et présenté comme une enquête sur les relations entre l’Algérie et la France. Lors d’un entretien accordé à la télévision algérienne, elle a dénoncé un travail qu’elle considère comme politiquement orienté et portant atteinte à l’image de l’Algérie.
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Selon Ségolène Royal, elle avait initialement été sollicitée pour intervenir dans la séquence finale du reportage, connue sous le nom de « chaises rouges », un format destiné à recueillir des réactions et des commentaires après la diffusion du sujet. Toutefois, en raison de la sensibilité extrême du thème abordé, elle a exigé de visionner le film avant sa diffusion à l’antenne.
Reportage contesté de France 2 : Ségolène Royal explique son refus
Après avoir pris connaissance du contenu, sa décision a été sans appel. « Quand j’ai vu le film, j’ai dit clairement que je ne pouvais pas participer », a-t-elle déclaré. Pour l’ancienne responsable politique, le reportage ne relèverait pas d’un travail journalistique équilibré, mais d’une production orientée qui véhicule une vision biaisée de l’Algérie. Cette dernière estime ainsi qu’y participer aurait été perçu comme une forme de caution morale et politique.
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Ségolène Royal a insisté sur le fait qu’elle ne souhaitait en aucun cas « donner de la légitimité à un travail qui porte atteinte à l’Algérie ». Elle a également souligné que sa présence dans le reportage aurait pu être utilisée comme un argument d’autorité, donnant l’impression d’un débat contradictoire ou d’une approche pluraliste, alors que le fond du sujet lui semblait déjà tranché.
« Je ne peux pas donner de légitimité à ce travail »
Par ailleurs, elle a mis en avant une autre raison à son refus : son nom et son parcours politique. « Je ne peux pas contribuer à augmenter les audiences d’un travail orienté, d’autant plus que mon nom attire le public », a-t-elle expliqué. Pour elle, participer aurait indirectement servi les objectifs médiatiques de la chaîne, sans pour autant garantir un traitement juste et respectueux du sujet.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par de fortes tensions médiatiques et politiques autour des relations franco-algériennes. Ces dernières années, plusieurs productions audiovisuelles ont suscité des réactions critiques en Algérie, accusées de perpétuer des clichés ou de reprendre des narratifs idéologiques éloignés des faits.
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En refusant de participer à ce reportage, Ségolène Royal affirme vouloir défendre une approche fondée sur le respect mutuel et le dialogue équilibré entre les deux pays. Son témoignage relance le débat sur la responsabilité des médias publics et sur la frontière entre investigation journalistique et production à visée politique.
