Jijel : la justice écroue six membres présumés d’un réseau incendiaire

Six personnes viennent de rejoindre les rangs des mis en cause écroués pour des feux allumés délibérément dans les massifs forestiers de Jijel.
Le juge d’instruction rattaché à la section antiterroriste et de lutte contre le crime organisé, au tribunal de Sidi M’hamed, a signé leurs mandats de dépôt après les avoir longuement interrogés. Ces six hommes formaient, selon les investigations, un même groupe criminel.
Leur interpellation revient au service des recherches de la Gendarmerie nationale, qui les a ensuite déférés devant le parquet. Les militaires enquêtaient depuis plusieurs semaines sur l’origine des départs de feu ayant ravagé des propriétés boisées de cette wilaya du littoral est. Les conclusions ont convaincu les magistrats de la nécessité d’une incarcération immédiate.
Des charges de sabotage retenues contre les six incendiaires présumés
Les qualifications juridiques retenues à l’encontre des six suspects sont parmi les plus lourdes du droit pénal algérien. Le parquet évoque un crime de sabotage exposant la vie, la sécurité et les biens d’autrui à un danger caractérisé. À cela s’ajoute la destruction par le feu d’un patrimoine forestier relevant du domaine de l’État.
Les magistrats fondent ces poursuites sur l’article 87 bis du Code pénal, disposition qui rattache certains actes à la qualification terroriste. L’article 138 de la loi encadrant les forêts et le patrimoine forestier complète l’arsenal mobilisé. Ce socle juridique avait déjà été activé cet été lorsque un réseau criminel démantelé à Constantine a vu ses membres risquer la peine capitale.
Après leur passage devant le cabinet d’instruction, aucun des six n’a bénéficié d’une remise en liberté. Tous restent détenus le temps que l’information judiciaire se poursuive et que les expertises complémentaires livrent leurs résultats.
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Sept autres suspects entendus pour les incendies de Skikda
La même juridiction a ouvert un second volet le jour même. Sept individus ont été présentés au juge d’instruction dans un dossier totalement distinct, cette fois centré sur des feux déclenchés dans les forêts de la wilaya de Skikda. Les deux procédures ne se recoupent pas, mais elles traduisent une même dynamique répressive.
Ce rythme soutenu n’est pas inédit. En septembre dernier, neuf suspects avaient été écroués après trois affaires distinctes visant la wilaya de Jijel, déjà sur la base d’enquêtes conduites par les gendarmes locaux. Les expertises scientifiques menées sur les points de départ des flammes avaient alors pesé lourd dans la décision des magistrats.
Le pôle judiciaire national spécialisé concentre désormais l’essentiel de ces contentieux. Cette centralisation permet aux mêmes équipes de croiser les informations issues de wilayas éloignées les unes des autres.
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Les incendies volontaires sous surveillance judiciaire renforcée
Depuis l’été, les dossiers d’incendies volontaires s’empilent sur les bureaux du tribunal de Sidi M’hamed. Fin juillet, sept personnes avaient déjà été placées en détention dans cinq procédures séparées, avec des dégâts allant de l’oliveraie calcinée aux écuries détruites.
La preuve vidéo joue un rôle décisif dans plusieurs de ces affaires. Certains mis en cause ont été confondus par des séquences les montrant en train d’allumer les foyers, comme dans les dossiers instruits à Tizi Ouzou et à Sétif où les incendiaires se sont eux-mêmes filmés. Les témoignages directs de riverains complètent souvent ce faisceau d’indices.
Côté exécutif, la ligne reste inflexible. Le ministère de l’Intérieur avait confirmé que la piste criminelle expliquait une part notable des départs simultanés, annonçant en parallèle un dispositif d’indemnisation pour les sinistrés. Les autorités promettent des sanctions exemplaires contre les auteurs identifiés.
Pour les six détenus de Jijel comme pour les sept suspects de Skikda, la suite se jouera devant le juge d’instruction. La procédure peut durer plusieurs mois avant qu’un renvoi devant la juridiction de jugement soit décidé.
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