Jeu d’influence dans le monde arabe Alger se démarque de la stratégie qatarie

Jeu d’influence dans le monde arabe Alger se démarque de la stratégie qatarie

23587.jpgLa Ligue arabe reste toujours sans influence sur les pays arabes pour régler une crise donnée. Et voilà qu’avec la nouvelle conjoncture dans laquelle se trouve la région, caractérisée par la continuité de ce qui est appelé «le printemps arabe», le Qatar veut guider cette Ligue et avoir une place de leader.

Face à cette montée du Qatar, l’Algérie continue de résister en maintenant son principe de politique étrangère qui est «la non ingérence dans les affaires internes des pays».

Dans une réunion tenue dimanche dernier à Doha, la Ligue arabe a appelé le président syrien Bachar al-Assad à céder le pouvoir en échange de «garanties sécuritaires pour lui et sa famille en vue d’un transfert pacifique du pouvoir». Une proposition rejetée lundi par le régime syrien, affirmant que c’est au peuple syrien d’en décider.

Le nouveau rôle de ce petit Emirat du Golfe dans le monde arabe se confirme dans un contexte marqué par le recul de l’Arabie saoudite,  alors que  l’Egypte passe par  une étape de transition et sombre dans ses problèmes internes. D’autres pays arabes sont perdus face à l’ingérence étrangère et la crainte de la contagion du printemps arabe.

L’Algérie était présente à la réunion de Doha mais sans appuyer toutes les décisions prises, car Alger a émis des réserves sur le troisième chapitre de la décision de la Ligue arabe réunie dimanche qui «appelle le président syrien à renoncer au pouvoir», estimant qu’il s’agit d’une «décision souveraine du peuple syrien frère et qui ne relève pas des prérogatives du conseil», selon le document final de la réunion.

Toutefois, l’Algérie garde ses relations avec le Qatar malgré le jeu d’influence dans le monde arabe qui se précise. D’ailleurs, le Président Bouteflika avait  accepté une médiation de Doha pour installer des relations avec les nouvelles autorités libyennes en arrangeant un  sommet entre M. Bouteflika et Mohamed Djebril, président du Conseil de transition libyen, à Doha, en marge d’une rencontre sur le gaz.

Il est à souligner que la République d’Irak a également émis des réserves sur la décision d’appeler au départ du président syrien, précisant que cette question «est exclusivement du ressort du peuple syrien sans aucune tutelle». La République du Liban a également émis des réserves sur la même clause.

D’autre part, les ministres arabes des Affaires étrangères ont décidé de charger le groupe arabe à New York d’appeler à une réunion extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies sous l’intitulé «L’Union pour la paix pour pren-dre des recommandations sur des mesures collectives pour faire face à la situation désastreuse en Syrie qui menace la stabilité de la Syrie, la région, la paix et la sécurité internationales».

Il est à noter que la présidence de la Ligue arabe est toujours assurée par un Egyptien, en remplacement de Amr Moussa qui a occupé ce poste durant dix ans. Cependant, les commandes sont actuellement entre les mains du Qatar.

La Ligue arabe a depuis longtemps  été sans aucune efficacité devant les différentes crises qui ont secoué le monde arabe, à commencer par la tragédie de l’Irak, le malheur des Palestiniens,  les opérations militaires de l’Otan en Libye et aujourd’hui la Syrie. Face à cette impuissance, des  pays occidentaux cherchent à accentuer la pression sur le régime syrien, notamment après les derniers vetos russe et chinois à l’ONU.

Il n’est donc plus question de passer par l’ONU, d’ailleurs le chef de la diplomatie française a déclaré samedi dernier :  «Nous souhaitons la formation rapide d’un gouvernement provisoire qui devra être représentatif de la diversité de la société syrienne. La France soutient pleinement les efforts de la Ligue arabe dans ce sens». Dans tout ce jeu d’influence, les Syriens sont en train de mourir chaque jour  et la situation n’est pas claire entre terrorisme, révolte et répression.

Nacera Chennafi