En pleine tête d’affiche à Coachella, Sabrina Carpenter a déclenché une controverse en jugeant « bizarre » le son d’une zaghrouta. Ce commentaire sur ce cri de célébration traditionnel (ou tighratine) lui vaut aujourd’hui de nombreuses critiques pour son manque de respect envers la culture arabe et nord-africaine.
Ce qui ne devait être qu’une interaction banale avec son public a tourné à la polémique pour Sabrina Carpenter. En plein show à Coachella, la star américaine a stoppé sa performance, déstabilisée par un cri perçant. En demandant s’il s’agissait de « yodel » avant d’ajouter qu’elle trouvait cela « bizarre » et déplaisant, la chanteuse a jeté un froid glacial sur l’assistance.
Ce son est pourtant chargé de sens : il s’agit de la zaghrouta, une pratique culturelle majeure du monde arabe, totalement étrangère au yodel des Alpes. Ce cri traditionnel est une manifestation de joie essentielle lors des célébrations au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
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« Sans mauvaise intention »
« C’est du yodel ? (…) Je n’aime pas ça, c’est bizarre », a-t-elle lancée après le youyou lancé par l’une de ses fans présente lors du concert de la chanteuse américaine.
Essentiellement féminine, cette expression vocale accompagne les instants de joie, des mariages aux célébrations publiques. Véritable symbole d’allégresse collective et de fierté, elle sert parfois de signe de bénédiction. La fan a d’ailleurs souligné, lors de son échange avec la chanteuse, qu’elle utilisait ce « code culturel » pour exprimer son enthousiasme face à la performance.
En l’espace de quelques heures, la vidéo est devenue virale, déclenchant une vague de réactions indignées. Les internautes ont été nombreux à recadrer le contexte historique et social de la zaghrouta, regrettant la méprise de Sabrina Carpenter. Les commentaires oscillent entre l’accusation de maladresse et celle, plus grave, d’insensibilité envers les traditions du monde arabe, certains allant jusqu’à évoquer une forme d’islamophobie.
Sabrina Carpenter présente ses excuses
Devant la virulence des critiques, Sabrina Carpenter a rapidement pris la parole sur ses réseaux sociaux pour apaiser la situation. Elle a présenté ses excuses en précisant : « Ma réaction était due à la confusion et au sarcasme, sans mauvaise intention. J’aurais pu mieux gérer la situation ».
my apologies i didn’t see this person with my eyes and couldn’t hear clearly. my reaction was pure confusion, sarcasm and not ill intended. could have handled it better! now i know what a Zaghrouta is!
I welcome all cheers and yodels from here on out https://t.co/f3KuT8sggH— Sabrina Carpenter (@SabrinaAnnLynn) April 11, 2026
La chanteuse a insisté sur le fait que ses propos étaient nés de la surprise et non d’une volonté de nuire. Affirmant avoir tiré les leçons de cet incident, elle a ajouté : “Maintenant, je sais ce qu’est une zaghrouta !”, avant de s’engager à accueillir ces manifestations de joie avec plus d’égards à l’avenir.
D’un point de vue technique, la zaghrouta est une ululation : un cri perçant dont la modulation rapide est obtenue par le mouvement de la langue et de la gorge. Bien plus qu’une simple performance vocale, elle constitue un véritable langage émotionnel partagé. Si elle exprime une joie immense lors des mariages ou des naissances, elle peut aussi traduire la douleur ou la résistance dans des contextes plus sombres.
Connue sous les noms de zaghrouta, tighratine ou youyou selon les régions, cette pratique s’est solidement ancrée dans les sociétés du Moyen-Orient. Puisqu’il s’agit d’un signal purement émotionnel et non d’un mot, le youyou est intraduisible. Son rôle historique est d’ailleurs marquant : en Algérie, pendant la guerre d’indépendance , il était un puissant symbole de soutien aux moudjahidines.
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