Industrie automobile : où en est le projet d’usine JAC Motors à Aïn Témouchent ?

Le chantier de l’industrie automobile algérienne revient sur le devant de la scène. Le ministre de l’Industrie, Farid Kourtel, a reçu mardi soir, au siège de son département, les responsables d’Emin Auto, partenaire algérien du constructeur chinois JAC Motors.
Objectif de cette entrevue, dont le contenu a été rendu public par le ministère : mesurer concrètement où en est le site de fabrication installé dans la wilaya d’Aïn Témouchent.
L’usine JAC Motors d’Aïn Témouchent passée en revue
Les échanges ont porté sur une lecture d’ensemble du projet. Le ministère parle d’une évaluation sur le terrain, signe que les autorités entendent suivre de près les engagements pris par l’opérateur.
Ce suivi n’a rien d’inédit. Dès le printemps, une délégation de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement avait arpenté le site de Tamazoura pour constater que les lignes de montage entraient en phase de production industrielle.
Les premiers utilitaires légers y étaient alors assemblés, tandis que les ateliers dédiés aux autobus urbains et interurbains achevaient leur mise au point.
Depuis la fin septembre, le complexe est entré dans une routine plus commerciale. Le déblocage d’un stock de pièces jusque-là immobilisé en douane a permis d’enclencher les toutes premières livraisons de véhicules aux clients, avec une cadence que l’usine ambitionne de porter à près de quatre-vingt-dix unités par jour.
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Le taux d’intégration locale, véritable nerf de la discussion
Au-delà du simple décompte des véhicules, la réunion s’est concentrée sur un point jugé décisif par l’exécutif : la part de composants réellement fabriqués en Algérie. Le communiqué évoque des mécanismes destinés à faire grimper plus vite ce ratio, présenté comme un enjeu structurant pour l’ensemble du tissu industriel national.
La logique est connue. Tant que l’essentiel des pièces arrive par conteneurs, l’activité relève davantage du montage que d’une industrie à part entière. Les pouvoirs publics veulent donc voir émerger un réseau de fournisseurs algériens capables d’alimenter les usines agréées, des pièces plastiques aux éléments de carrosserie.
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Cette orientation se traduit déjà par des décisions concrètes. En septembre, le ministère a demandé aux constructeurs de se rapprocher de General Plastic Injection, à Tissemsilt, afin que les composants plastiques des véhicules soient produits sur le sol national, à charge pour les industriels de fournir les moules nécessaires.
Aïn Témouchent, pièce maîtresse du dispositif automobile
Situé à Tamazoura, le complexe sert de vitrine à la stratégie officielle. Sa gamme mêle utilitaires légers et véhicules de transport collectif, un créneau où la demande intérieure reste forte et largement couverte par l’importation.
L’équation posée au partenaire chinois est désormais claire.
Produire ne suffit plus : il faut démontrer que la valeur ajoutée reste en Algérie, à travers l’emploi, la formation des opérateurs et les achats auprès de fournisseurs installés dans le pays.
Le ministère n’a pas communiqué de calendrier chiffré à l’issue de la rencontre. Mais la répétition de ces réunions laisse entendre que les prochains mois seront ceux des comptes à rendre pour l’ensemble des constructeurs agréés, JAC Motors compris.
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