Islamistes, frontières, élections,Les confessions d’un Premier ministre

Islamistes, frontières, élections,Les confessions d’un Premier ministre

Capture plein écran 05042012 091812.jpgLe chef du RND et néanmoins Premier ministre, Ahmed Ouyahia, s’inquiète sérieusement de la situation qui prévaut dans l’extrême sud algérien. Dans une conjoncture régionale marquée par la proclamation d’indépendance de l’Azawad, au nord du Mali, Ouyahia a pris les choses au sérieux et se déplace à Tamanrasset pour rencontrer les militants de son parti.

En réalité, cette rencontre s’inscrit sans doute dans un autre cadre vu l’impact médiatique et la teneur de ses propos. S’exprimant tantôt en tant que président d’un parti politique tantôt sous la casquette de Premier ministre, le patron du RND a souligné que «certains ont essayé de provoquer un printemps arabe en Algérie». «L’Algérie se porte bien» et est «sortie indemne de l’hiver arabe grâce à la volonté de Dieu et celle du peuple fidèle dont les plaies demeurent ouvertes, un peuple qui a refusé d’être la proie de manipulations au service des étrangers» et «grâce à l’Etat qui n’a pas attendu la dégénérescence pour suivre la voie de la démocratie et du pluralisme», a-t-il dit. Le printemps arabe que «certains ont tenté de provoquer en Algérie à travers la crise du sucre et de l’huile, a échoué grâce aux forces de sécurité qui sont parvenues à contenir la situation». «La terre d’Algérie a été libérée par tous les Algériens qui vivent aujourd’hui dans l’égalité», a-t-il souligné. «Il n’y a pas de place pour celui qui veut provoquer une révolution en Algérie sous prétexte de la disparité ou de la discrimination dans le développement», a-t-il soutenu, ajoutant que «l’Etat assure le développement à travers toutes les régions du pays sans discrimination».

«L’inquiétude de la population de Tamanrasset est légitime», a-t-il estimé, ajoutant que «l’Algérie dispose, au nord comme au sud, des moyens de préserver son intégrité territoriale, l’unité de son peuple et sa souveraineté». L’armée, la gendarmerie et la police défendent le pays mais ont toutefois, «besoin du peuple pour défendre le pays, à travers l’unification des rangs», a-t-il dit. Ouyahia, a appelé la population du sud à faire preuve de vigilance, à rester solidaires et à protéger les frontières du pays. «Nous ne sommes pas pessimistes. Nous formons un seul peuple mais la vigilance reste de mise», a-t-il dit, relevant que «les citoyens de In Salah, In Guezam et Tinzaouatine sont conscients et attachés à l’unité territoriale et unis contre les complots qui se trament contre les pays de la région», rassure-t-il. Par ailleurs. Ouyahia a souligné que «l’Etat construira le pays avec le même intérêt, au nord comme au sud, et les citoyens doivent contribuer à la préservation de son intégrité et son unité territoriale». Ahmed Ouyahia a annoncé que la région de l’extrême sud sera dotée de dix importantes entreprises publiques afin de relancer l’économie en attendant les entreprises qui devront être créées par les privés.

Réquisitoire contre les islamistes

Ahmed Ouyahia, qu’on surnomme l’éradicateur du terrorisme, n’a pas été tendre avec ceux qui «instrumentalisent la religion à des fins politiques». Pour lui, «l’Algérie n’a nullement besoin de ceux qui veulent semer la discorde au nom de la religion». Le patron du RND a souligné que «tous les Algériens sont des musulmans et sont attachés au Coran et à la sunna et que nous n’avons nullement besoin de ceux qui veulent semer la discorde au nom de la religion». Sous la casquette de Premier ministre cette fois-ci, Ouyahia a tenu également à rassurer les partis politiques en lice pour les prochaines législatives que «le scrutin se déroulera sous une surveillance sans précédent avec des urnes transparentes et l’utilisation de l’encre indélébile» qui «ne permettra à aucun électeur d’apposer son empreinte sur plus d’une liste». Il a également souligné que les prochaines législatives se dérouleront sous la supervision de magistrats et en présence de 600 observateurs étrangers, ainsi que de représentants, tirés au sort, de cinq partis politiques dans chaque bureau de vote.

Par Mehdi Ait Mouloud