Dans une note d’une grande fermeté adressée aux membres du Gouvernement et aux Walis, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, a ordonné un gel strict des nouvelles demandes de réévaluation budgétaire et d’octroi de crédits supplémentaires. Désormais, une seule règle prévaut : l’assainissement intégral de la nomenclature des investissements publics.
Malgré les directives précédentes, les services du Premier ministère continuent de recevoir des flux de demandes concernant des inscriptions, des réévaluations ou des levées de gel de projets. Face à cette situation, le chef du Gouvernement a décidé de reprendre la main sur la gestion des finances publiques avec une méthode radicale.
Optimisation de la nomenclature d’investissements
Le ministre des Finances a reçu des instructions claires pour coordonner une opération de nettoyage en profondeur du portefeuille des investissements publics, arrêté au 31 décembre 2022. L’objectif est de faire le tri entre les projets viables et ceux qui ne le sont plus.
« Toutes les demandes de levée de gel seront désormais traitées exclusivement dans le cadre de cette opération d’assainissement », stipule la note datée du 12 mars dernier.
Les Walis sont, de leur côté, invités à diriger leurs doléances vers les ministères sectoriels concernés, tout en informant le ministère de l’Intérieur pour garantir une coordination intersectorielle sans faille. Le Premier ministère ne servira d’arbitre qu’en dernier recours, pour des projets dits « stratégiques », d’une « importance nationale » ou à « dimension sociale urgente ».
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Responsabilisation et budgétisation responsable
Sifi Ghrieb a rappelé aux ministres que la responsabilité de la maturation et de la proposition des projets d’investissement leur incombe totalement. En tant que responsables des portefeuilles de programmes, ils doivent veiller à ce que chaque projet s’inscrive dans une politique publique cohérente et réponde à des objectifs précis.
Le Premier ministre insiste sur deux piliers de la nouvelle gouvernance :
- Viabilité financière : Toute activité doit être pensée en fonction de sa pérennité.
- Arbitrage interne : Avant de solliciter l’argent du contribuable pour de nouveaux crédits, les ministres doivent explorer toutes les possibilités de redéploiement interne des fonds déjà disponibles au sein de leurs départements respectifs.
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Rationalisation de la dépense publique
L’accent est mis sur la « rationalisation de la performance économique et sociale ». Pour le Gouvernement, il ne s’agit plus seulement de dépenser, mais de gérer les deniers de l’État avec une efficacité maximale.
Cette directive marque une rupture avec les pratiques de gestion antérieures en imposant une discipline budgétaire stricte. Le ministère des Finances devient le pivot central de cette stratégie, garant du respect de la réglementation et de la maîtrise des dépenses publiques dans un contexte où chaque dinar doit être orienté vers la création de valeur et le service direct au citoyen.
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