Interdit en Europe depuis 2021, cet ingrédient génotoxique continue de décorer les pâtisseries en Algérie

Interdit en Europe depuis 2021, cet ingrédient génotoxique continue de décorer les pâtisseries en Algérie
Pâtisserie traditionnelle algériennes

À quelques jours de l’Aïd el-Fitr 2026, les effluves de la pâtisserie traditionnelle envahissent les cuisines algériennes. C’est la frénésie des Tcharek, des Mkhebez et des Bniwen, parés de leurs plus beaux atours pour trôner sur la table familiale. Mais dans cette quête de la perfection visuelle, une fine poudre blanche s’invite dans la recette. Derrière son éclat nacré, les spécialistes tirent la sonnette d’alarme ! Ce produit, prisé pour embellir les gâteaux, cache un poison à action lente.

Sous son appellation de « nacré » ou de « mica », se cache une réalité chimique bien moins reluisante. L’organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur (APOCE) vient de lancer une alerte ciblée concernant une substance spécifique : le dioxyde de titane.

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Identifiable sur les étiquettes par les codes E171 ou SIN 171, cet additif alimentaire est le secret industriel derrière le blanc immaculé du glaçage des macarons, la brillance de certaines sucreries, et même la texture de dentifrices pour enfants.

L’APOCE alerte sur le danger des colorants alimentaires dans les pâtisseries à l’approche de l’Aïd 2026

Les experts en nutrition et les médecins se basant sur des rapports scientifiques rigoureux, dont ceux de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), mettent en garde contre un profil toxique à plusieurs facettes :

  • Une toxicité génétique avérée : des études démontrent sa capacité à interférer avec le matériel génétique des cellules, un processus qui, avec le temps, peut ouvrir la porte à des mutations.
  • L’effet « nanoparticules » : la finesse de ses particules, parfois à l’échelle nanométrique, leur permet de franchir la barrière intestinale et de se répandre dans la circulation sanguine. Une fois dans l’organisme, elles s’accumulent.
  • Un stress oxydant : cette accumulation provoque un stress oxydatif, un phénomène qui agresse et détériore les cellules vitales, accélérant le vieillissement cellulaire et favorisant l’apparition de maladies chroniques.

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E171 dans les gâteaux : une menace silencieuse pour la santé

Un décalage réglementaire est à souligner. Depuis 2021, plusieurs pays de l’Union européenne ont interdit l’utilisation du dioxyde de titane (E171) dans l’alimentation. Le principe de précaution a prévalu face à l’incertitude scientifique concernant son innocuité à long terme.

Pourtant, en Algérie, ces paillettes et poudres blanches continuent de décorer les vitrines des pâtisseries et les étals des marchés. Surtout en cette période de forte consommation qu’est l’Aïd. Les enfants, premiers admirateurs des couleurs vives et premiers consommateurs de ces sucreries attrayantes, se retrouvent en première ligne de l’exposition. Leur organisme en développement est particulièrement vulnérable à l’accumulation de ces particules indésirables.

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Face à ce vide juridique apparent, la responsabilité bascule dans le camp du consommateur. L’organisation exhorte les familles à adopter un réflexe simple mais crucial. Celui de lire les étiquettes et traquer la mention E171.

Enfin, en cette veille de fête de l’Aïd el-Fitr, la plus belle des décorations ne se trouve pas dans une boîte de colorant, mais dans la simplicité d’une recette transmise et le plaisir d’une gourmandise partagée.