France : le RN veut sanctionner le port du voile dans la rue par une amende

Interdire le voile dans la rue, bientôt une réalité en cas de victoire du Rassemblement national ? Le député Jean-Philippe Tanguy confirme la volonté du RN de sanctionner le port du voile dans l’espace public par une amende forfaitaire. Mesure phare du programme de Marine Le Pen depuis trois campagnes présidentielles, cette proposition suscite une nouvelle fois un vifs débats politiques et juridiques.
En cas d’arrivée au pouvoir, le Rassemblement national entend pénaliser le port du voile islamique. Une position réaffirmée ce dimanche 30 août sur BFMTV par le député Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen.
Déjà inscrite au programme de Marine Le Pen lors de ses trois premières campagnes présidentielles, l’interdiction du voile dans l’espace public n’en a pas moins suscité des débats en interne, notamment au moment où Jordan Bardella était perçu comme une alternative.
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Marine Le Pen veut une « amende » pour port du voile
À huit mois de l’échéance présidentielle, le Rassemblement national relance le débat sur le port du voile. Sur le plateau de BFMTV dimanche, le député Jean-Philippe Tanguy, un proche de la candidate, a confirmé qu’une victoire de Marine Le Pen en 2027 s’accompagnerait d’une amende pour sanctionner son port dans l’espace public.
C’est une mesure incontournable du programme du RN. Depuis 2012, Marine Le Pen fait de l’interdiction du voile islamique dans la rue un combat central, qu’elle a défendu sans relâche lors de ses trois candidatures à l’Élysée.
La mesure divise pourtant au sein du Rassemblement national. Des cadres de premier plan ont exprimé des réserves, à commencer par Jordan Bardella lui-même. Il y a un an sur RMC, ce dernier jugeait déjà « compliquée » l’application d’une telle interdiction dans la rue.
La mesure divise en interne au RN
« Je pense qu’il faut y aller étape par étape. Et à mon avis, je pense que c’est du bon sens et raisonnable, que l’on pourrait démarrer par une extension de la loi de 2004 sur les bâtiments publics et à l’université« , lançait-il, tout en estimant que l’interdiction était « un objectif à terme ».
Le président du RN a de nouveau soutenu cette réserve lors d’un récent séminaire présidentiel. Selon un cadre influent du party, Jordan Bardella aurait confié qu’il « ne le sentait pas », estimant qu’une telle mesure risquait de braquer l’opinion sans apporter un réel gain électoral.
Face à ces réticences, Marine Le Pen a refusé d’abandonner ce qu’elle considère comme un marqueur identitaire fondamental. Selon Jean-Philippe Tanguy, la question ne se pose plus : étant la candidate officielle du Rassemblement national pour la présidentielle, le débat est définitivement clos.
« Nous avons des débats et après il y a une seule décision. Nous allons combattre l’idéologie islamiste et nous sanctionnerons le port du voile aussi en solidarité avec les femmes du monde entier qui meurent pour avoir cette liberté », explique le député du Nord sur BFMTV. Pour contourner les obstacles juridiques — notamment le principe de liberté religieuse protégé par le Conseil constitutionnel —, le RN envisage de recourir à un référendum.
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