Interdiction de la distribution des médicaments par les grossistes,L’application de la nouvelle circulaire reportée à 2012

Interdiction de la distribution des médicaments par les grossistes,L’application de la nouvelle circulaire reportée à 2012

14948.jpgLes pouvoirs publics se seraient-il précipités en imposant aux producteurs de médicaments de distribuer directement leurs produits aux pharmacies d’officines ? Il semblerait que ce soit bien le cas.

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Présidant une rencontre avec les producteurs locaux de médicaments le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Djamel Ould Abbès, a annoncé, dimanche le report à 2012 de l’application de la circulaire signée au mois de mai dernier par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, obligeant les producteurs de médicaments à distribuer leurs produits.

S’exprimant lors d’une réunion avec, M. Ould Abbès a indiqué que l’application de la circulaire fait actuellement l’objet d’intenses concertations entre le ministère et ces producteurs afin de trouver une solution à cette question, sans plus de précisions.

Dans une instruction datée du 23 mai, Ahmed Ouyahia avait décidé d’interdire la distribution par les grossistes des médicaments fabriqués localement. Dans cette instruction, le Premier ministre avait exigé des producteurs locaux de médicaments de créer leur propre réseau de distribution.

La décision du Premier ministre d’exclure les grossistes de la distribution des médicaments fabriqués ou conditionnés en Algérie avait été prise dans le souci de protéger le médicament local qui subit « le dictat des sociétés de distribution ». « Les grossistes demandent des remises pour écouler le médicament local qui est moins demandé que celui importé

Les producteurs locaux sont obligés d’accorder des remises allant jusqu’à 100% de leur marge bénéficiaire aux grossistes pour vendre leurs médicaments », avait-on indiqué. La situation est devenue intenable pour de nombreux producteurs de médicaments obligés d’accorder des rabais aux grossistes, pour écouler leurs produits.

Néanmoins, le changement étant brutal, les opérateurs n’étaient pas prêts pour l’application des nouvelles dispositions, d’où le report de l’entrée en vigueur de cette circulaire. Sur un autre registre et à propos de la protection de la production nationale, M. Djamel Ould Abbès a annoncé, dimanche, une nouvelle nomenclature des médicaments interdits d’importation, laquelle compte 130 médicaments dont 11 nouvelles molécules produites par trois opérateurs qui se sont engagés à fournir ces médicaments dans le cadre d’une convention avec le ministère.

La nouvelle nomenclature comporte également un autre type de médicaments (98 médicaments dont 22 nouvelles molécules produites par deux opérateurs qui sont en mesure de satisfaire les 2/3 des besoins nationaux) d’où le recours du ministère à l’importation du tiers restant, souligne le ministre.

Un troisième type de médicaments figure également dans cette nouvelle nomenclature. Il s’agit de 216 médicaments, dont 6 nouvelles molécules produites par un seul opérateur qui ne fournit que le 1/3 des besoins. Les 2/3 restants sont importés. Il faut noter que l’Algérie compte 98 unités de fabrication de médicaments, dont 9 relevant du groupe pharmaceutique Saidal.

Selon les chiffres fournis par le directeur de la pharmacie au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Hamou Hafed, les 98 unités de fabrication produisaient 60 médicaments et ont réalisé 15 projets qui seront mis en service prochainement. Ces projets, a ajouté M. Hafed, permettront la production de 359 médicaments de différents types, soit 210 appellations internationales de médicaments.