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« Sales Arabes » : en France, un sexagénaire condamné après avoir menacé des enfants avec une carabine

« Sales Arabes » : en France, un sexagénaire condamné après avoir menacé des enfants avec une carabine
En France, un sexagénaire a été condamné après avoir menacé des enfants avec une carabine à plomb et proféré des insultes racistes, dont « sales Arabes ».
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Il avait pris pour cible des enfants en proférant des insultes racistes et en brandissant une arme : ce lundi 17 août 2026, la sentence est tombée pour un habitant d’Espaly-Saint-Marcel. Le tribunal du Puy-en-Velay a condamné le sexagénaire. Tous les détails de l’affaire.

Jugé par le tribunal du Puy-en-Velay près de quatre mois après les faits, Michel V., âgé de 65 ans, a été condamné pour menaces avec arme à plomb et propos racistes envers des enfants — un volet haineux intégré au dossier au terme d’une seconde enquête. Peine prononcée : 15 mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans.

S’il évite la prison ferme, le sexagénaire est soumis à des obligations strictes (soins, stage de citoyenneté, dédommagement des victimes) et se voit interdire le port d’arme pendant 10 ans.

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Un après-midi de football interrompu par un coup de feu

Les faits s’étaient déroulés le dimanche 19 avril 2026 dans le quartier de l’Arbousset, à Espaly-Saint-Marcel, en périphérie du Puy-en-Velay. Alors que plusieurs enfants disputaient une partie de ballon au pied des immeubles, un voisin est surgi armé d’une carabine à plomb.

Visé à bout portant ? C’est ce que soutient Reda, âgé de 10 ans, qui affirme avoir senti le projectile frôler sa trajectoire. De son côté, le sexagénaire réfute toute intention de blesser et plaide la maladresse ou le tir en l’air dissuasif.

La version du tir involontaire se heurte aux preuves matérielles : des photos prises sur place immortalisent le retraité déambulant l’arme au poing dans la copropriété, corroborant les récits de témoins sur son comportement intimidant.

Sur le plan médical, l’impact physique est nul mais le préjudice psychologique s’avère bien réel. D’abord évaluée à zéro jour, l’ITT de Reda a finalement été portée à trois jours pour choc émotionnel. Auprès du Parisien, la famille décrit un enfant profondément marqué, victime de cauchemars, effrayé par la foule, déscolarisé temporairement et suivi par un psychologue.

Un caractère raciste initialement ignoré par la première enquête

Dès l’origine, plusieurs riverains soutiennent que l’agression était entachée d’insultes visant les enfants noirs et arabes, évoquant notamment les termes « sales nègres » et « sales Arabes ». Pourtant, ce volet discriminatoire est d’abord absent du dossier. Le 21 avril, le parquet précise qu’aucun témoin n’a fait état de tels propos lors des premières auditions. Une version contestée par le père de Reda, qui assure avoir explicitement mentionné ces injures racistes dès sa déposition initiale, sans qu’elles ne soient consignées sur le procès-verbal.

Ce décalage devient vite le cœur de la controverse. Dès le 22 avril, le père de famille retourne au commissariat du Puy-en-Velay afin d’amender sa plainte, pendant que SOS Racisme saisit le parquet. Le dossier s’alourdit encore avec la diffusion d’une vidéo antérieure où le sexagénaire revendique ouvertement ses idées : « Je suis raciste et je suis fier de l’être ». Face à ces éléments, une seconde enquête est ouverte pour « injures publiques à caractère racial », amenant la Ligue des droits de l’Homme et SOS Racisme à se porter parties civiles aux côtés des victimes.

Jugé au Puy-en-Velay pour violences armées sur mineurs et injures racistes — deux infractions traitées séparément —, Michel V. a reconnu une partie des propos tout en niant tout racisme. Pour justifier son geste, le retraité a invoqué un coup de sang face à des tensions de voisinage, sa défense plaidant un état de fragilité.

Une peine sans emprisonnement immédiat

Des arguments balayés par le tribunal : la présidente Emma Toucas a rappelé qu’aucun différend ne tolère l’usage d’une arme ou le racisme, tandis que le procureur a souligné que l’enquête établissait désormais clairement les insultes proférées.

Le tribunal a tranché : 15 mois de prison avec deux ans de sursis probatoire. Une peine alignée sur la durée d’emprisonnement réclamée par le ministère public, qui demandait toutefois un suivi plus long de trois ans.

Durant ces deux années de probation, le sexagénaire devra se plier à de strictes obligations sous peine de voir ses 15 mois de prison ferme exécutés. La peine s’accompagne d’un suivi médical, de l’obligation d’indemniser les victimes et de suivre un stage de citoyenneté axé sur le vivre-ensemble. Enfin, le retraité se voit frapper d’une interdiction de détenir ou de porter une arme pour une durée de dix ans.

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RA

Rima Aissanou

Rima Aissanou - Journaliste – Diaspora, tourisme et voyages

Rima Aissanou est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les thématiques liées à la diaspora algérienne, au tourisme et aux voyages.

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