Les nouveaux députés se sont retrouvés face aux mêmes membres du gouvernement
L’ouverture de la session d’automne du Parlement, qui marque la rentrée politique, n’a pas été à la hauteur de l’événement.
C’est dans un climat aussi délétère que celui qui marque la vie politique nationale, que s’est ouverte, hier, la session d’automne du Parlement. Les nouveaux députés se sont retrouvés face aux mêmes membres du gouvernement, dont les plus importants ont brillé par leur silence et refus de s’exprimer sur les nombreux sujets brûlants de l’actualité. L’affaire des otages algériens au Mali, la révision de la Constitution, le changement du gouvernement…, etc autant de dossiers sur lesquels le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères n’ont voulu souffler mot. En somme, le pays est bloqué et le gouvernement reste muet. La conjoncture actuelle aurait pourtant voulu une communication sereine et des positions fermes des autorités algériennes. Mais au lieu de cela, l’opinion a droit à une fuite en avant du gouvernement qui ne dit pas son nom.
Cette fuite en avant du gouvernement, dont les membres donnent l’impression de naviguer à vue, ajoutée au maintien du statu-quo sont intenables.
A la veille de la rentrée sociale, le gouvernement fonctionne avec sept ministres intérimaires. Il serait pour le moins problématique pour le département de l’enseignement supérieur d’entamer la rentrée universitaire avec un premier responsable par «intérim».
Idem pour le secteur de la justice, impliqué malgré lui dans les élections et qui doit se préparer aux locales du 29 novembre prochain. L’opinion publique et les observateurs qui attendent depuis le 10 mai dernier la composition d’un nouveau gouvernement doivent encore attendre, la gestion des affaires de ce pays étant devenue une affaire de «complaisance». Rien pourtant, ne justifie cette fuite en avant qui ne dit pas son nom. Jusqu’à quand les Algériens doivent supporter cette situation? N’ont-ils pas le droit d’être informés et accessoirement rassurés par leurs responsables?
Dans son allocution d’ouverture, le président de l’APN, Larbi Ould Khelifa, n’a voulu accuser aucune partie en affirmant que le rythme de la rentrée sociale et de la reprise des activités dans différents secteurs «était à son plus bas niveau». «D’aucuns, au sein de la classe politique et de l’opinion publique, pensent que la faiblesse ayant caractérisé le rythme de l’action institutionnelle et des différents secteurs d’activité connexes a entraîné la généralisation du laisser-aller dans le service public, la faiblesse du contrôle, tout en comptant sur le partage de la rente et en revendiquant la plus grande part de celle-ci sans effort ni mérite», a-t-il souligné.
Cependant, M. Ould Khelifa a appelé à adopter la critique constructive et à ne pas verser dans l’alarmisme et à ne pas semer le désespoir au sein des citoyens. Le président de l’APN a expliqué que les enjeux et les défis qui attendent l’Algérie «exigent l’approfondissement du dialogue entre les différentes formations politiques représentées à l’Assemblée».
«Nous invitons ceux qui ont des avis et de l’expérience parmi les hommes politiques, les intellectuels, les créateurs et les organisations de la société civile à contribuer au diagnostic, à la conception et à la proposition de solutions aux véritables questions auxquelles fait face notre société aussi bien à l’intérieur qu’au niveau régional et international», a lancé l’orateur.
Ce dernier s’est étalé par la suite sur l’agenda de l’assemblée durant cette session, dont le projet de révision de la Constitution.
«Le projet de la nouvelle Constitution ainsi que les amendements qui y seront introduits, sera l’un des projets qui susciteront l’intérêt des députés, des organisations de la société civile et de larges franges de l’opinion publique», a-t-il estimé. Pour sa part, le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, a insisté à l’ouverture de la session d’automne au Sénat, sur la loi de finances 2013.
Ainsi l’ouverture de la session d’automne de la septième législature est loin d’être le déclic qui remet sur rails la vie politique nationale.
