Institut Régional de Formation de musique de Batna: Les virtuoses de demain

Institut Régional de Formation de musique de Batna: Les virtuoses de demain

Elèves de l’Institut régional de formation de musique de Batna, Latrache Houssam Eddine (en cinquième année) et Abdeljalil Ben Si Ahmed (en première année), sont des musiciens qui ne tarderont pas à faire parler d’eux.

Les deux luthistes, en formation, ne tarderont pas à faire parler d’eux puisqu’ils sont d’excellents instrumentistes et sont déjà considérés comme des luthistes chevronnés. «Ce sont de véritables virtuose», nous a affirmé un de leurs amis aua moment où l’IRFM de Batna se préparait pour recevoir le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui avait finalement préféré faire le pont et annuler la visite à cet institut. Devant la salle de cours, des sons du ôud (luth) captent notre attention et charment nos oreilles.

La porte était ouverte. Ensorcelés par la douce musique et ne pouvant plus continuer notre chemin, le jeune qui était en train de jouer lève la tête et continue à faire vibrer les cordes de son instrument. Il s’arrête un instant pour nous souhaiter la bienvenue par un sourire, puis reprend à dorloter son instrument.

Cette image nous rappelle cette légende souvent racontée à propos d’El Farabi, le musicien philosophe, qui s’introduisit incognito chez le vizir Ibn Abbad, et qui fit successivement rire et pleurer les invités, avant de les endormir par sa musique.

Douce musique

Enveloppé dans cette ambiance de musique, on se laisse bercer par ces petits morceaux de musique improvisée par ce joueur de luth.

Pendant que le jeune musicien joue, on n’entend rien que sa musique, même pas la respiration des présents…Tout le monde retient son souffle. Nous sommes suspendus à l’écho de la musique. Une musique tout simplement bonne. Il y a du «Tarab» et il y a la «Wujdaâ», c’est-à-dire de l’émotion musicale. Il nous sert une «Qawma» (genre de nouba) admirablement bien interprétée. Sa musique choie nos oreilles, surprend notre ouïe. Elle est inattendue. Son essence nous transporte dans la rêverie, génère la quiétude, loin des tensions et de l’agitation qui entourait la visite du ministre de la Culture à Batna.

Serait-ce là la sagesse même ? Elle nous parle, nous touche, nous interpelle… exigeant que nous lui répondions ou l’interrogions à notre tour. Elle raconte des histoires, elle conte les émotions et les rêves de cet élève musicien. Subitement, malgré la fatigue et le stress, nous étions très contents, sans savoir pourquoi… C’était sublime, il faut ces moments pour les ressentir. Et pour nous croire, il faut se rendre à l’Institut régional de formation de musique de Batna pour écouter ses artistes jouer de leurs instruments. L’accès au moment musical était séduisant et instantané. Nous avons écouté et nous nous sommes laissés emporter par la belle musique et les riches sonorités. Mû par le jeu ensorceleur et virtuose et la profondeur lyrique, le luthiste nous offre la vision d’un avenir musical oriental, une véritable brise de vent d’une journée printanière…

On a été subjugués par le talent d’ensorceleur dont fait preuve ce génie.

D’ailleurs, on a saisi l’occasion pour en parler au grand luthiste et musicien Mahmoud Chérif. Le regard dans le lointain, l’élève instrumentiste nous gratifie d’un morceau où le charme nous transporte dans la quiétude.

De son côté, Abdeljalil Ben Si Ahmed, un amoureux du luth, qui vient de Mostaganem pour étudier et approfondir les techniques de jeu du ôud, est également très doué. En grattant les cordes de son instrument, il fait sortir des sons aussi beaux que doux.

Une bonne formation

Alors qu’il est seulement en première année, Abdeldjalil a déjà les capacités des grands professionnels. Même si ces deux étudiants sont arrivés à l’institut avec des dons et des connaissances, il faut noter qu’ils ont beaucoup appris avec leur professeur de musique, Mme Souheïla Kihel.

De son côté, le directeur de l’institut, Chaïb-Setti Belkacem, qui est également professeur de violon, ne ménage aucun effort pour offrir la meilleure formation aux jeunes étudiants. Ces deux jeunes, musiciens comme beaucoup d’autres qui sont formés au niveau de l’institut de Batna, feront sûrement parler d’eux. Ce seront les virtuoses de demain. Dommage pour le ministre de la Culture, qui n’est pas passé pour se délecter du riche programme qu’ils lui avaient préparé.

Aguellid Aguellil