Informel, éducation, santé et communales Les urgences du gouvernement Sellal

Informel, éducation, santé et communales Les urgences du gouvernement Sellal

412-abdelmalek-sellal.jpgLe gouvernement relooké n’aura même pas eu le temps de s’acclimater qu’il doit faire face en urgence aux dossiers chauds de la rentrée.

Déjà, un premier Conseil de gouvernement est prévu pour ce lundi. À l’ordre du jour : le projet de loi de finances et la loi sur les hydrocarbures. Mais, dores et déjà, deux secteurs sont particulièrement interpellés : l’Éducation et l’Intérieur. Le premier, avec la rentrée des classes et le changement enfin opéré à la tête du département.

Le nouveau locataire du département de l’Éducation, l’universitaire Baba Ahmed, devra déployer toutes ses énergies pour renouer le dialogue avec les syndicats du secteur et déminer un tant soit peu le terrain, afin d’assurer au moins une rentrée calme et, par la suite, traiter dans la sérénité les dossiers en suspens.

Le secteur de l’Éducation, secoué ces dernières années, par des mouvements de protestation qui ont influé négativement sur le cursus des élèves, a besoin d’une nouvelle ambiance de travail, afin de se pencher sur l’essentiel : le système éducatif qui reste à parfaire, mais pas seulement, puisque cette rentrée scolaire sera placée sous le signe du surpeuplement, notamment des lycées.

Comment fera le nouveau ministre pour résoudre ce problème qui devrait durer, selon son prédécesseur, trois années ? Autre secteur ayant connu des turbulences récurrentes : la Santé. Le départ de Djamel Ould-Abbès a été salué par les syndicats du secteur qui se sont toujours plaints de l’absence de dialogue.

Abdelaziz Ziari, qui s’occupera désormais du secteur, est beaucoup plus un politique qu’un technocrate. Parviendra-t-il à dégoupiller les bombes laissées par son prédécesseur ? En tout état de cause, le nouveau ministre de la Santé se doit, d’emblée, de tendre une oreille à tous les syndicats du secteur, avant de songer à apporter sa touche dans un secteur qui reste à la traîne et qui fait beaucoup plus souffrir les Algériens qu’il ne les soulage.

Mustapha Benbada, reconduit à la tête du ministère du Commerce, doit aller jusqu’au bout du travail entamé il y a quelques semaines, s’il ne veut pas s’attirer les foudres de partout. Le démantèlement des marchés informels ne devrait pas être une simple campagne passagère, comme ce fut le cas par le passé. Encore faut-il trouver des alternatives sérieuses pour les jeunes qui n’ont d’autres ressources de vie que l’activité informelle.

Le ministre est surtout attendu sur le dossier de l’Aïd el- Adha. Pour rappel, il avait promis de promulguer un texte législatif obligeant les commerçants à rester ouverts durant les jours de l’Aïd, pour mettre un terme à la situation vécue ces dernières années par les citoyens des jours durant. Mais dans cette affaire, il est à espérer que les commerçants de détail ne soient pas les seuls visés.

Car, en amont, il faudrait obliger les grossistes, les livreurs et tous les intervenants dans la chaîne, à assumer leur part de responsabilité, en tant que garants du service public. Autrement dit, à quoi cela sert qu’un boulanger soit ouvert s’il ne dispose pas de farine ?

À quoi cela sert qu’un magasin d’alimentation générale soit ouvert si les grossistes ferment pendant une semaine ou que les livreurs prennent de longs congés ? Le département de l’Intérieur, toujours entre les mains de Daho Ould Kablia, fait face à la grève des agents communaux qui devrait durer une semaine. Le syndicat réclame l’ouverture du dialogue en vue de satisfaire les revendications des travailleurs du secteur, notamment la revalorisation des primes et le statut particulier.

Cette grève intervient au mauvais moment, pas seulement à cause de l’annonce du nouveau gouvernement, mais surtout à cause de la rentrée scolaire qui voit des millions d’enfants se ruer vers les guichets de l’état civil. Le département de Ould Kablia n’a toujours pas réussi à calmer la colère des gardes communaux qui menacent de revenir à la charge après avoir occupé les devants de la scène pendant le mois de Ramadhan.

Le ministre de l’Intérieur, qui a du pain sur la planche, notamment l’organisation des élections locales, adoptera-t-il une nouvelle attitude face aux revendications de ces deux corps ? Ou continuera-t-il à faire la sourde oreille ?

Ces dossiers chauds, parmi tant d’autres, ne devraient, toutefois, pas empêcher le nouveau gouvernement d’aller vite sur d’autres urgences, beaucoup plus politiques celles-là. Le nouveau Premier ministre l’a déclaré, le jour de son installation : la poursuite des réformes politiques figure parmi ses priorités.

Et lorsqu’on parle de réformes politiques, deux rendez-vous urgents attendent le gouvernement : les élections locales du 29 novembre prochain et la révision de la Constitution, prévue avant la fin de l’année. Mais cette dernière ne devrait pas trop occuper les membres de l’Exécutif, sachant que la révision du texte fondamental reste du ressort du chef de l’État et de ses collaborateurs.