Incendies de forêt : le MDN accuse Amir DZ d’avoir manipulé des exécutants locaux

Un documentaire du ministère de la Défense nationale (MDN), diffusé sur la Télévision nationale, lève le voile sur l’origine criminelle de plusieurs incendies de forêt survenus ces dernières semaines. Intitulé « Kachf makaïd el khiyana wa khouyout el Âamala » (Révéler les manœuvres de la trahison et les fils de la collaboration), le film présente les aveux d’individus impliqués dans des départs de feu volontaires.
Trois ressortissants algériens ont été interpellés. Ils sont accusés d’avoir directement mis le feu à des massifs boisés des wilayas de Constantine et de Guelma. D’après les investigations, ces hommes ont été manipulés par des cercles hostiles au pays, lesquels se seraient appuyés sur le déclaré terroriste Amir Boukhors, connu sous le pseudonyme d’Amir DZ.
Les incendies de forêt présentés comme un plan ourdi depuis l’étranger
Les services de sécurité du ministère de la Défense affirment avoir remonté la piste dès les premières heures des sinistres. Le MDN dénonce un plan conçu à l’extérieur du territoire, avec des complicités locales. L’objectif affiché serait d’affaiblir le pays et de fissurer sa cohésion.
Deux des hommes arrêtés, Abdelkrim Boutmina et Abderraouf Amrani , ont reconnu avoir été en contact direct avec Amir DZ. Leurs déclarations évoquent également des échanges avec d’autres figures installées hors du pays et également déclarés « terroristes », entre autres Larbi Zitout, Hichem Aboud et Karim Moulaï. Cette thèse rejoint les constats des magistrats, qui avaient déjà retenu la qualification d’actes terroristes dans plusieurs dossiers, comme l’illustrent les poursuites engagées à Constantine contre un réseau d’incendiaires.
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Argent facile et chantage, les leviers du recrutement
Le documentaire décrit une mécanique de recrutement rodée. La précarité sociale, l’appât du gain et la soif de reconnaissance servent de porte d’entrée. Viennent ensuite les promesses d’enrichissement rapide et les mirages d’une aide financière venue de l’autre rive de la Méditerranée. En échange, les recrues acceptent des missions de sabotage visant la sécurité nationale.
Incendier des forêts, détruire le patrimoine naturel, infliger des pertes matérielles lourdes à la collectivité : telles étaient, selon le film, les tâches confiées. Une phrase attribuée à Amir Boukhors résume cette logique de destruction, lui qui répétait qu’il fallait « brûler le pays ». Le chantage complétait l’arsenal pour verrouiller l’obéissance des recrues.
Parmi les profils cités figure Yassine Boulegroun. Derrière une activité de coiffeur se serait dissimulée une fonction d’intermédiaire chargée d’enrôler des exécutants. Ses revenus occultes auraient pris la forme de biens immobiliers et de locaux commerciaux, détenus en Algérie comme en France, en contrepartie du financement d’opérations criminelles.
Une fuite vers l’Europe après l’incendie de Didouche Mourad
Le cas d’Islam Benyahia illustre le mode opératoire décrit par les enquêteurs. Chargé par Amir DZ d’embraser les forêts de Didouche Mourad et de Djebel El Ouahch, dans la wilaya de Constantine, il aurait encaissé sa rémunération auprès de Boulegroun avant de prendre la mer. Son itinéraire l’a conduit vers l’Italie par une embarcation clandestine, puis vers la France.
Son complice, lui, est resté. Abdelkrim Boutmina a été arrêté et exprime ses regrets devant la caméra. Les analyses techniques menées par les services de sécurité ont permis de récupérer une séquence filmée par ses soins alors qu’il participait à une caravane d’aide destinée aux sinistrés de Jijel, une mise en scène destinée à brouiller les pistes. Cette wilaya a d’ailleurs concentré plusieurs procédures judiciaires, neuf suspects y ayant été placés sous mandat de dépôt.
Des ambitions dépassant les feux de forêt
Le film va plus loin que le simple volet environnemental. Les investigations indiquent que la collaboration d’Amir Boukhors avec des services de renseignement étrangers ne s’arrêtait ni aux départs de feu, ni au financement de filières de migration irrégulière pour ses relais, ni aux pratiques d’extorsion.
Un autre objectif apparaît : faire émerger des courants hostiles sur la scène politique algérienne. L’idée, selon le documentaire, consistait à installer des hommes liges à des postes de responsabilité, afin d’en faire des outils de déstabilisation de l’intérieur. Une ambition qui dépasse de loin le périmètre des massifs calcinés.
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