Au lendemain de l’incendie meurtrier de l’Établissement de l’enfance assistée de Mohammadia, une vague de désinformation se propage sur les réseaux sociaux. Des internautes diffusent des images générées par intelligence artificielle en les présentant faussement comme celles des victimes, ce qui pousse les autorités à appeler les internautes à la vigilance.
Depuis plusieurs jours, des publications diffusent des photos présentées comme celles des victimes de l’incendie. Or, selon les autorités, des internautes diffusent ces visuels, entièrement générés par intelligence artificielle, en les accompagnant de fausses informations sur l’identité et l’âge des résidents de l’établissement.
Ces images ne représentent aucune des personnes concernées par le drame.
Les autorités démentent formellement l’authenticité des images largement relayées sur les réseaux sociaux. Selon les informations officielles, des internautes ont diffusé ces visuels, créés à l’aide d’outils d’intelligence artificielle générative, en les attribuant faussement aux victimes de l’incendie.
Parmi les rumeurs les plus relayées figure également l’affirmation selon laquelle l’établissement accueillait des nourrissons ou de très jeunes enfants. Le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a précisé que les résidents étaient âgés de 7 à 48 ans et qu’aucun bébé ne se trouvait dans les locaux au moment du sinistre.
Les autorités soulignent que ces contenus trompeurs induisent l’opinion publique en erreur et portent atteinte à la mémoire des victimes ainsi qu’à leurs proches.
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L’incendie de Mohammadia : ce que l’enquête établit à ce stade
L’incendie s’est déclaré vers 3 h 30 dans une chambre située au premier étage de l’établissement. D’après les premières conclusions de la police scientifique de la Sûreté nationale, le départ de feu serait lié à une étincelle électrique provenant d’un climatiseur en fonctionnement continu, dans un contexte de fortes chaleurs.
L’enquête judiciaire se poursuit afin de déterminer avec précision les circonstances du sinistre et les éventuelles responsabilités.
Selon le bilan officiel communiqué par la Protection civile, le drame a coûté la vie à onze personnes, dont une éducatrice de 52 ans, et fait dix-neuf blessés. Parmi eux, dix souffraient de brûlures à différents degrés, deux présentaient des difficultés respiratoires et sept étaient en état de choc psychologique. Cinq personnes à besoins spécifiques ont également été évacuées vers un lieu sécurisé.
Les autorités rappellent les risques liés à la diffusion de fausses informations
La diffusion de fausses informations sur les réseaux sociaux a déjà donné lieu à des poursuites judiciaires dans plusieurs affaires en Algérie. Les autorités rappellent que la propagation de contenus non vérifiés, notamment lorsqu’ils portent atteinte aux personnes ou à l’ordre public, est susceptible d’engager la responsabilité de leurs auteurs.
Dans le cas de l’incendie de Mohammadia, la circulation d’images générées par intelligence artificielle et présentées comme authentiques intervient alors que les familles des victimes sont toujours confrontées aux conséquences du drame.
Les autorités invitent les internautes à ne relayer que des informations provenant de sources officielles ou dûment vérifiées et à signaler les contenus manifestement trompeurs.
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Une série de mesures annoncées par les autorités
Au lendemain de la tragédie, le président Abdelmadjid Tebboune, de retour d’Allemagne le 17 juillet, s’est rendu au CHU des grands brûlés de Zéralda afin de s’enquérir de l’état des rescapés. Il a assuré que les blessés bénéficiaient d’une prise en charge médicale complète.
De son côté, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a présidé une réunion d’urgence. Les autorités ont relogé les rescapés dans d’autres établissements, tandis qu’elles ont mis en place une cellule nationale de veille et de gestion des risques. Un mécanisme numérique centralisé destiné au suivi des normes de sécurité dans les structures relevant du secteur est également en cours de déploiement.
Le ministère de la Culture a, pour sa part, ordonné la suspension de l’ensemble des activités culturelles et artistiques relevant de son secteur pendant trois jours, en signe de deuil et de solidarité avec les victimes.
Face à la multiplication des contenus générés par intelligence artificielle, les autorités renouvellent leur appel à la vigilance et rappellent l’importance de vérifier l’origine des informations avant toute diffusion, en particulier lorsqu’elles concernent un drame humain.
