Importations record de panneaux solaires : l’Algérie redessine-t-elle son avenir énergétique ?

Importations record de panneaux solaires : l’Algérie redessine-t-elle son avenir énergétique ?
Quand le solaire devient un choix stratégique pour l’Algérie

Avec 2,02 GW de panneaux importés en seulement 11 mois, l’Algérie ne se contente plus de promesses environnementales. Le pays passe à l’offensive pour libérer son gaz naturel et accélérer sa transition vers le renouvelable.

Les importations algériennes de panneaux solaires chinois marquent un tournant historique. Pour les experts de l’énergie, ce n’est plus un simple signal, mais la preuve chiffrée que le dossier des énergies propres a quitté la sphère des discours pour s’ancrer dans la réalité du terrain.

L’objectif est de modifier le mix énergétique national, non pas pour l’esthétique écologique, mais pour réduire la pression sur le gaz naturel utilisé dans la production d’électricité, dégageant ainsi des marges cruciales pour l’exportation et l’industrie à haute valeur ajoutée.

Mix énergétique algérien : le solaire s’impose progressivement

Les chiffres de novembre 2025 sont sans appel. Le pays a enregistré un niveau d’importation sans précédent de panneaux solaires en provenance de Chine, atteignant 450 MW. Il s’agit du volume mensuel le plus élevé jamais enregistré.

La comparaison avec le mois d’octobre (170 MW) révèle un bond de 280 MW en l’espace de 30 jours. Cette accélération brutale, loin d’être une progression lente et linéaire, traduit une entrée massive dans la phase concrète de projets d’envergure.

Plus frappant encore : par rapport à novembre 2024 (100 MW), le volume a été multiplié par plus de quatre. Désormais, l’importation suit le rythme effréné de l’exécution des chantiers.

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L’analyse des onze premiers mois de l’année 2025 montre une trajectoire dynamique, bien que marquée par des fluctuations logistiques :

  • Janvier : 390 MW (un démarrage en trombe).
  • Février à Juin : Une phase de stabilisation et de procédures administratives.
  • Juillet : 210 MW.
  • Septembre : 240 MW.
  • Novembre : Le pic historique de 450 MW.

Ces variations ne sont pas synonymes d’instabilité, mais reflètent la réalité d’un « marché de projets ». Les importations massives correspondent aux phases de « pose effective » sur les sites, tandis que les périodes plus calmes sont dédiées à la validation technique et à la logistique.

Solaire en Algérie : des importations massives qui changent la donne

Au total, l’Algérie a importé 2,02 GW de panneaux solaires chinois entre janvier et novembre 2025. À titre de comparaison, la même période en 2024 ne comptabilisait que 160 MW.

Ce déploiement s’inscrit dans le programme national visant à installer 15 000 MW d’ici 2035. Sous l’impulsion de Sonelgaz, les chantiers se multiplient, à l’image de la centrale de Abadla (Béchar) de 80 MW lancée en mars dernier. Le dynamisme actuel est le fruit des accords signés en 2024 pour la création de 20 centrales solaires, transformant les contrats d’hier en chantiers d’aujourd’hui.

Si la Chine demeure le partenaire privilégié grâce à ses coûts compétitifs et sa puissance de production, cette dépendance soulève une question stratégique : l’émergence d’une industrie solaire algérienne.

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L’enjeu n’est plus seulement d’importer, mais de remonter la chaîne de valeur : assemblage local, maintenance, fabrication de composants et transfert de technologie. L’accélération du rythme de pose met désormais le secteur industriel national à l’épreuve.

Ainsi, l’année 2025 aura été celle de la preuve par les chiffres. Le compteur vers 2035 est bel et bien enclenché. Pour l’Algérie, le défi futur ne sera plus seulement de comptabiliser les panneaux importés, mais de transformer cette ressource solaire en un levier de souveraineté industrielle et économique durable.