Le gouvernement algérien a mis en place un dispositif de contrôle inédit pour cette opération massive. L’objectif principal est de briser la spéculation qui fait flamber les prix chaque année.
Contrairement aux années précédentes, le cahier des charges impose désormais un prix de vente final plafonné. Si le prix du mouton local oscille entre 80 000 DA et 150 000 DA, l’État vise à maintenir le prix du mouton importé aux alentours de 40 000 DA à 50 000 DA.
Pour éviter les intermédiaires (les « chevillards »), la distribution se fera donc exclusivement via :
- Les coopératives publiques spécialisées au niveau de chaque wilaya.
- Les points de vente officiels encadrés par le système de vente « au poids ».
- Les services sociaux des grandes entreprises et administrations publiques, permettant aux travailleurs d’acheter directement leur mouton sur leur lieu de travail.
- Mesures Fiscales : Pour garantir ces tarifs compétitifs, le Président Tebboune a ordonné le maintien des exonérations fiscales et douanières sur l’importation de bétail vivant jusqu’au 30 juin 2026.
Quels sont les conditions techniques et les fournisseurs ?
Le cahier des charges est extrêmement strict sur la qualité et la conformité religieuse de la bête. Chaque bête doit peser entre 40 et 45 kg pour garantir un rendement suffisant. Concernant l’âge, un minimum de 6 mois, conformément aux préceptes de l’Aïd.
Un certificat sanitaire rigoureux est exigé. Les bêtes doivent être vaccinées et issues de zones indemnes de maladies épizootiques.
L’Algérie diversifie alors ses sources pour sécuriser l’approvisionnement. Les favoris sont la Roumanie et l’Espagne pour leur proximité géographique (logistique rapide). L’Irlande et le Royaume-Uni sont également sollicités pour la qualité de leur cheptel. D’autres pistes comme l’Argentine, le Brésil ou le Soudan (sous réserve de stabilité) sont étudiées pour compléter le quota d’un million.
🟢 A LIRE AUSSI : Aïd El-Adha 2026 : le ministre renforce les contrôles pour l’importation d’un million de moutons
Aïd El-Adha 2026 : L’Algérie sort le grand jeu avec l’importation d’un million de moutons
Dans une démarche résolument sociale visant à protéger le pouvoir d’achat des ménages, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a acté l’importation massive d’un million de têtes d’ovins pour l’Aïd El-Adha 2026. Cette mesure, annoncée par le Premier ministre Saïfi Ghrieb lors d’un récent Conseil des ministres, marque une étape décisive dans la régulation du marché des viandes rouges, gangréné depuis plusieurs mois par une flambée des prix sans précédent. Face à un cheptel national sous pression, l’État s’impose désormais comme le premier régulateur de la fête du sacrifice.
L’opération ne se limite pas à une simple transaction commerciale, elle s’accompagne ainsi d’un cahier des charges technique d’une rigueur absolue. Chaque bête importée devra répondre à des standards précis : un poids de carcasse situé entre 40 et 45 kilogrammes et un âge minimal de six mois. Ces critères visent à garantir que les citoyens reçoivent une viande de qualité supérieure tout en respectant scrupuleusement les rites religieux.
Sur le plan sanitaire, les services vétérinaires du ministère de l’Agriculture ont été mobilisés pour assurer un suivi « du port au point de vente », avec une exigence de vaccination totale pour chaque tête débarquée sur le sol algérien.
La stratégie de distribution : la véritable révolution ?
La véritable révolution réside toutefois dans la stratégie de distribution. Le gouvernement a alors ordonné le contournement systématique des circuits spéculatifs traditionnels. La vente sera orchestrée par des établissements publics et des coopératives agréées, avec l’installation de points de vente officiels où le prix sera affiché et non négocié. Plus innovant encore, les services sociaux des grandes institutions pourront coordonner des ventes directes aux salariés, une mesure destinée à fluidifier la demande et à désengorger les marchés habituels.
Sur le plan économique, cette décision s’appuie sur une exonération totale des droits de douane et de la TVA jusqu’à la fin du mois de juin 2026. En supprimant ces barrières fiscales, l’État permet alors d’aligner le prix du mouton importé sur les capacités financières de la classe moyenne, tout en envoyant un signal fort aux éleveurs locaux dont les tarifs atteignent parfois des sommets irrationnels.
