Urgent
Diaspora

Immigration au Portugal : vers la fin des soins gratuits pour les étrangers ?

Immigration au Portugal : vers la fin des soins gratuits pour les étrangers ?
Le Portugal envisage de durcir l’accès aux soins pour certains étrangers. Un vote en première lecture relance le débat sur l’immigration et la gratuité du système de santé public.
Suivre Algérie 360° sur Google Actualités

Vers la fin des soins gratuits pour certains étrangers au Portugal ? C’est le signal envoyé par l’Assemblée de la République le 16 octobre 2026. Réunis en première lecture, les députés portugais ont voté en faveur d’un texte conditionnant la prise en charge médicale des non-résidents à une couverture santé obligatoire ou au paiement direct des actes. Porté par une majorité de droite, ce projet de loi fait déjà grand bruit, bien que le parcours législatif soit loin d’être achevé.

Les députés portugais ont franchi une première étape vers un durcissement de l’accès au système de santé public pour les étrangers non-résidents.

Le vote, intervenu le vendredi 16 octobre 2026, ne concerne qu’une première lecture : le texte doit encore passer par un parcours parlementaire complet avant un vote final. À ce stade, aucune version définitive n’a été arrêtée.

🟢 À LIRE AUSSI : Naturalisation française : l’Algérie sur le podium des pays d’origine

Ce que prévoit le vote du 16 octobre 2026

Les propositions adoptées en première lecture visent à obliger certains étrangers non-résidents à régler les frais de soins dans le système de santé public, ou à justifier d’une couverture santé valable. Le vote a été soutenu par les partis de droite et d’extrême droite, tandis que les formations de gauche ont exprimé leur opposition.

Deux textes distincts ont été présentés. L’un émane du parti Chega, l’autre d’une initiative conjointe du Parti social-démocrate (PSD) et du CDS-Peuple. Les deux convergent sur l’objectif, mais diffèrent dans les modalités proposées.

La proposition du Chega cible plusieurs catégories précises : les ressortissants de pays hors Union européenne, les apatrides, les demandeurs de protection internationale dont la demande reste en cours d’examen, ainsi que les migrants en situation irrégulière. Ce texte prévoit de restreindre l’accès de ces publics aux services de santé publics gratuits.

De son côté, la proposition conjointe du PSD et du CDS-Peuple réclame la mise en place de mécanismes de recouvrement des coûts auprès des étrangers non-résidents ou en situation irrégulière. Elle ouvre la possibilité d’exiger une assurance santé, une garantie financière ou un paiement anticipé, selon les règles qui seraient fixées par la suite.

Les résidents légaux ne seraient pas visés

Les textes ne touchent pas l’ensemble des migrants vivant légalement au Portugal. Les détenteurs de titres de séjour resteraient donc parmi les catégories conservant l’accès au système de santé public dans les conditions actuelles.

En revanche, la situation des personnes en attente de régularisation administrative pourrait devenir plus délicate. Un retard dans le renouvellement ou l’obtention d’un titre de séjour risquerait de placer certains dossiers dans une zone grise, faute de précisions sur les exceptions prévues.

Les deux propositions maintiennent la possibilité de dispenser des soins en cas d’urgence médicale, quelle que soit la situation administrative du patient. Les détails diffèrent toutefois selon les textes, notamment sur la preuve de couverture santé exigée et sur les modalités de recouvrement des coûts après la prise en charge.

Concrètement, certains patients pourraient devoir présenter des documents d’assurance ou d’autres justificatifs pour déterminer qui doit assumer la facture. Ce point figure parmi les éléments que le texte final devra clarifier, notamment le mode de calcul des coûts et les garanties prévues pour les dossiers de résidence en cours de traitement.

Un débat entre pérennité du système et accès aux soins

Les partisans de ces mesures mettent en avant la nécessité de protéger la pérennité du système de santé public et d’assurer le recouvrement des coûts liés aux soins utilisés par des non-résidents. Ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « tourisme médical », une expression utilisée par les défenseurs du texte pour justifier le durcissement des règles.

À l’inverse, des partis de gauche ont critiqué ces propositions. Ils mettent en garde contre le fait de faire porter aux migrants la responsabilité de problèmes structurels du système de santé, et dénoncent le risque de créer des obstacles supplémentaires pour les catégories les plus vulnérables.

🟢 À LIRE AUSSI : Carte bleue européenne : la Belgique ouvre grand la porte aux talents étrangers

RA

Rima Aissanou

Rima Aissanou - Journaliste – Diaspora, tourisme et voyages

Rima Aissanou est journaliste au sein de la rédaction d'Algerie360, spécialisée dans les thématiques liées à la diaspora algérienne, au tourisme et aux voyages.

Voir tous les articles de Rima Aissanou →

La une du jour