Immigration en France : titres de séjour en hausse en 2025… mais pas pour les Algériens

Immigration en France : titres de séjour en hausse en 2025… mais pas pour les Algériens
En 2025, la délivrance des titres de séjour a augmenté en France, mais les Algériens ont vu leurs nouvelles admissions reculer, malgré leur forte présence dans le pays.

Les chiffres de l’immigration en France pour 2025, publiés mardi par le ministère de l’Intérieur, révèlent une dynamique paradoxale : une augmentation globale de la délivrance des titres de séjour sur le territoire, parallèlement à un durcissement des régularisations et une baisse des admissions pour les ressortissants algériens.

Au total, la France a comptabilisé 28 610 régularisations d’étrangers. Ce volume s’inscrit dans un contexte de restrictions législatives, marqué par l’entrée en vigueur, dès le début de l’année, de la circulaire de l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau visant à resserrer les conditions d’accès aux titres de séjour.

L’année dernière, les éloignements d’étrangers ont bondi de près de 16 %, atteignant le chiffre de 24 985, d’après la DGEF. À l’inverse, l’asile connaît une accalmie relative : les demandes ont baissé de 3,7 % (environ 151 600 dépôts), portées majoritairement par l’Ukraine, la RDC et l’Afghanistan. Là encore, la circulaire de Retailleau a produit des effets.

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Le nombre de titres de séjour accordés aux Algériens en baisse en 2025

En 2025, la délivrance de titres de séjour en France a bondi de 11,2 % pour atteindre plus de 384 000 unités, tandis que les régularisations chutaient de 10,1 %. Cette hausse globale cache toutefois des disparités : le nombre de premiers titres octroyés aux Algériens a, pour sa part, reculé de 4,6 % (28 000 titres).

Bien que l’on observe un recul de la délivrance des nouveaux titres de séjour pour les ressortissants algériens en 2025, leur poids dans la démographie étrangère en France demeure prépondérant. Avec 28 000 premiers titres accordés, l’Algérie se maintient au deuxième rang des pays bénéficiaires, juste derrière le Maroc (36 100).

Contrairement à d’autres nationalités portées par des flux migratoires étudiants ou humanitaires, l’immigration algérienne se distingue par une forte dimension familiale, ce motif représentant 52,8% des nouveaux titres délivrés.

En plus des nouveaux arrivants, on remarque que les Algériens déjà présents en France s’y installent de façon durable. En 2025, les renouvellements de papiers ont augmenté de 2,4 %, pour atteindre plus de 129 000 demandes. Un chiffre important montre bien cette présence ancienne : près d’un tiers de ces renouvellements sont faits sous le motif « Divers ».

La délivrance des premiers titres de séjour selon le ministère français de l'Intérieur : principales nationalités par motif.

La délivrance des premiers titres de séjour selon le ministère français de l’Intérieur : principales nationalités par motif.

658 000 Algériens installés en France en 2025

Au 31 décembre 2025, les Algériens occupent toujours la première place des ressortissants étrangers (hors Union européenne) résidant en France. Avec plus de 658 000 titres de séjour valides, leur nombre a légèrement augmenté de 1,3 % en un an. Ils devancent ainsi les Marocains (621 175 personnes) et les Tunisiens (312 463 personnes), dont la présence progresse également.

La situation des Algériens est particulière, car la grande majorité d’entre eux (plus de 616 000 personnes) possède un « certificat de résidence ».

Par ailleurs, les statistiques du ministère français de l’Intérieur mettent en lumière une nette intensification des contrôles et des mesures d’éloignement en 2025. Le nombre d’interpellations d’étrangers en situation irrégulière a ainsi bondi de 30 % en un an. Cette hausse concerne particulièrement les ressortissants du Maghreb, avec une augmentation de 52 % pour les Algériens, 33 % pour les Tunisiens et 19 % pour les Marocains.

Parallèlement à ces arrestations, les renvois effectifs sont aussi en forte progression. Au total, 24 985 étrangers ont été éloignés du territoire, soit une hausse de 15,7 %. Si l’on regarde uniquement les éloignements forcés, le chiffre grimpe de 21 % pour atteindre 15 569 procédures exécutées. L’année dernière, ces données traduisent une application plus stricte des mesures d’expulsion.

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