Immigration aux États-Unis : une caution de 100 000 $ bientôt exigée pour la Green Card ?

Immigration aux États-Unis : une caution de 100 000 $ bientôt exigée pour la Green Card ?
Obtenir une Green Card pourrait bientôt nécessiter une caution de 100 000 $, selon un projet de l’administration Trump.

L’administration Trump étudie l’imposition d’une caution de 100 000 dollars aux étrangers souhaitant obtenir la Green Card via les consulats américains. La somme ne serait remboursée qu’après l’obtention de la citoyenneté américaine, soit au minimum cinq ans plus tard. Une mesure qui toucherait en priorité les familles de citoyens américains.

Rejoindre un époux, un parent ou un frère installé aux États-Unis pourrait bientôt nécessiter de mobiliser 100 000 dollars. L’administration Trump travaille sur un projet de caution financière obligatoire pour les candidats à la Green Card qui déposent leur dossier depuis l’étranger, dans les consulats américains.

Une somme colossale, non remboursable avant l’obtention de la citoyenneté américaine, soit au moins cinq ans d’attente. Le Département d’État confirme explorer cette piste, sans en préciser le calendrier exact.

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Une caution de 100 000 $ pour bloquer les immigrants à faibles revenus

Le chiffre de 100 000 dollars circule dans les discussions internes du Département d’État. Certains fonctionnaires l’ont formellement évoqué, selon des sources proches du dossier. Le montant final pourrait varier selon les profils, à la hausse comme à la baisse. L’idée centrale reste la même : exiger une garantie financière massive avant d’accorder un visa immigrant, celui qui ouvre la voie à la résidence permanente dès l’arrivée sur le sol américain.

La logique affichée par Washington est celle d’une assurance. Si un titulaire de Green Card se retrouvait dans l’incapacité de subvenir à ses besoins, la caution servirait de filet de sécurité pour l’État fédéral. Un membre de la famille du demandeur pourrait également avancer la somme à sa place. Le porte-parole du Département d’État, Tommy Pigott, a résumé la philosophie de la mesure sans ambiguïté : « Le président Trump a clairement indiqué que ceux qui souhaitent immigrer aux États-Unis doivent être financièrement autonomes. »

Avant tout déploiement général, l’administration envisage de tester le dispositif sur un nombre limité de pays, dans le cadre d’un programme pilote. Une approche déjà utilisée pour d’autres réformes migratoires récentes.

Les familles de citoyens américains, premières victimes du projet

Les visas immigrants concernent avant tout les proches de citoyens américains : conjoints, parents, frères et sœurs. Les entreprises étrangères y recourent beaucoup moins, préférant d’abord faire venir leurs employés sous visa temporaire H-1B avant de les parrainer pour la résidence permanente. Chaque année, le Département d’État délivre environ 500 000 de ces visas, un chiffre qui devrait reculer sensiblement en 2026.

Pour Sharvari Dalal-Dheini, directrice des relations gouvernementales à l’American Immigration Lawyers Association, l’objectif réel de la mesure ne fait guère de doute. « Le but des cautions semble être d’exclure un certain type d’immigrant », a-t-elle déclaré. « Nous transformons notre système en un accès payant : seuls les riches peuvent venir rendre visite à leur famille ou chercher une vie meilleure. » Une critique qui pointe une réalité arithmétique : la grande majorité des candidats à l’immigration gagnent moins que les Américains et ne disposent pas d’une telle épargne disponible, même si la somme doit théoriquement être restituée.

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