Ils étaient sous controle du CNT Libyen avant leur «disparition»20 000 missiles sol/air menacent l’Algérie et toute l’Afrique du Nord

Ils étaient sous controle du CNT Libyen avant leur «disparition»20 000 missiles sol/air menacent l’Algérie et toute l’Afrique du Nord

solair.jpgLe Conseil national de transition (CNT) libyen n’a pas menti lorsqu’il accusait, à tort, l’Algérie d’avoir aidé le régime de Mouammar Kadhafi. La preuve est venue, maintenant, qu’il a menti quand il a soutenu que «la circulation des armes en Libye est contrôlée».

Pire, il n’a pas honoré ses engagements et responsabilités vis-à-vis de la communauté internationale, ce qui menace gravement, la sécurité dans la région de l’Afrique du Nord, selon l’organisation non gouvernementale (ONG) Human Rights Wach.

L’un des militants de l’ONG, Peter Bouckaert, a visité un entrepôt d’armes appartenant à l’armée libyenne avant qu’il ne tombe aux mains des insurgés libyens.

«Des armes sont déposées ici, sans surveillance aucune», pouvant tomber entre les mains de n’importe qui, alerte-t-il. Il montre des armes se trouvant toujours dans ce hangar, en sol libyen, mais point de missiles sol/air. Le militant de Human Rights Wach exprime sa crainte que «des missiles sol/air soient tombés entre les mains d’Al Qaïda».

On ignore encore la direction prise par ces missiles. L’éventualité qu’ils soient tombés entre les mains du groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, ou Al Qaïda au Maghreb islamique, Aqmi), avec la négligence ou la complicité de certains parmi les responsables du CNT libyen, n’est pas écartée.

Le directeur de Human Rights Wach, M. Bouckaer, a déclaré à CNN que «ces missiles peuvent atteindre plusieurs milliers de dollars sur le marché noir». Il a ajouté que «nous parlons de quelque 20 000 missiles sol/air sur toute la Libye. S’ils tombent entre de mauvaises mains, ils sont susceptibles de transformer toute l’Afrique du Nord en zone d’exclusion aérienne». Ces armes pourraient, d’autre part, facilement être utilisées pour fabriquer des voitures piégées.

Une aubaine pour l’organisation terroriste d’Abdelmalek Droukdel

Peter Bouckaert lance que la dotation des terroristes en ces missiles est «le plus grave danger potentiel pour les aéronefs civils, car l’arme est facilement portable et relativement simple à dissimuler et à utiliser», pouvant abattre un avion volant à une altitude de 11 000 pieds. Et d’ajouter : «La Libye comptait 20 000 missiles sol/air, et j’ai vu des voitures chargées de ces derniers», témoigne-t-il.

Le plus grave, relève M. Bouckaert, «ces entrepôts de missiles anti-aériens et antichars, d’obus de mortier, et de milliers de pièces d’artillerie militaire restent totalement sans surveillance plus de deux semaines après la chute de Tripoli».

Pour Matthew Schroeder, expert à la Fédération des scientifiques américains, la découverte de dépôts d’armes pillées en Libye est une source de préoccupation, citant particulièrement le cas des missiles antiaériens portables de type Manpads, est-il rapporté.

La crainte que ces missiles soient tombés entre les mains de l’organisation terroriste de Abdelmalek Droukdel, alias Abou Mossaâb Abdelouadoud, actuel émir national du GSPC, ou Aqmi est réelle, quand on sait que la nébuleuse tente,

depuis au moins l’année 2003, de se doter de ce type d’armes. Katibat Tarek Ibn Ziyad avait réussi, en 2003, à acheter des missiles sol/air auprès de contrebandiers d’armes dans la région du Sahel, avec une partie de la rançon de 5 millions d’euros que l’Allemagne aurait versée au GSPC, en contrepartie de la libération d’une partie des 32 touristes européens enlevés par les terroristes.

Le convoi transportant ces missiles et d’autres lots d’armes a été, fort heureusement, intercepté et détruit par l’Armée nationale populaire (ANP) à In Salah, rappelle-t-on. Depuis, Aqmi n’a pas désespéré de se doter en missiles du type. L’occasion semble lui être offerte, aujourd’hui, volontairement ou non, par le Conseil national de transition (CNT) libyen, au détriment de la sécurité de toute l’Afrique du Nord.

Par Mounir Abi