Ils dissimulaient les biens des Tahkout : une famille algéroise traduite en justice

Ils dissimulaient les biens des Tahkout : une famille algéroise traduite en justice
Mahieddine Tahkout au tribunal

Le tribunal du pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption financière et économique de Sidi M’hamed a rendu, ce mardi, son verdict dans une affaire impliquant une famille de la capitale. Les prévenus étaient poursuivis pour avoir dissimulé des biens appartenant à la famille Tahkout, issus de crimes de corruption. La valeur des avoirs concernés dépasserait les 200 milliards de centimes.

Selon les éléments de l’enquête, les accusés auraient mis en place un système d’achat et de revente de véhicules afin de masquer l’origine illicite des fonds. Les voitures étaient acquises auprès du point de vente Cima Motors à Blida, puis revendues sur le marché à des prix jugés très élevés.

De lourdes peines prononcées

Le principal accusé, identifié par les initiales (A.H), a été condamné à dix ans de prison ferme et à une amende de 8 millions de dinars. Quatre autres membres de la famille ont écopé de huit ans de prison ferme chacun, assortis de la même amende.

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Trois accusés en fuite ont été condamnés par contumace à dix ans de prison ferme et à 8 millions de dinars d’amende. Les mandats d’arrêt lancés à leur encontre ont été confirmés par le tribunal.

En revanche, les parents de certains accusés ont été acquittés, le tribunal estimant que leur implication n’était pas suffisamment établie.

Confiscations et réparations financières

Le tribunal a ordonné la confiscation de l’ensemble des biens immobiliers et mobiliers saisis durant l’instruction, ainsi que des comptes bancaires gelés. Les sommes d’argent retrouvées lors des perquisitions ont également été confisquées.

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Dans le volet civil, les accusés en fuite devront verser chacun 50 millions de dinars au Trésor public. Les autres condamnés devront payer 30 millions de dinars chacun en réparation du préjudice causé à l’État. Les autres demandes ont été rejetées.

Un système de revente bien organisé

Les investigations ont révélé que le principal accusé aurait acheté, entre 2017 et 2020, un grand nombre de véhicules via un membre de la famille Tahkout qui gérait le point de vente Cima Motors de manière illégale. Les véhicules étaient ensuite revendus à des particuliers à des prix élevés, générant d’importants bénéfices.

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Les enquêteurs ont découvert 17 comptes bancaires, 14 contrats de location de locaux commerciaux et un cahier recensant plusieurs commerces situés à Rouiba et Dar El Beïda. Une somme en devise étrangère, estimée à 850 dollars, a également été saisie.

Les accusés rejettent les charges

À l’audience, le principal prévenu a nié toute implication dans des faits de corruption. Il s’est présenté comme commerçant et courtier automobile depuis 2006, affirmant travailler avec différents points de vente. Les autres membres de la famille ont également contesté les accusations, assurant que leurs revenus provenaient d’activités commerciales légales.

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Ce verdict marque une nouvelle étape dans les affaires liées aux biens de la famille Tahkout, dans un contexte de poursuites renforcées contre la corruption et la dissimulation d’avoirs illicites.